FRANCE
Nül pays ne peut se flatter de réunir des circonstances plus favorables à sa richesse minérale, que celles qui sont offertes à la France, par la nature, d’après la manière d’étre de ses montagnes et de ses eaux; par l’art, d’après l’état actuel des connoissances théoriques et pratiques dans les écoles impériales relatives à celte partie; enfin par le génie de son souverain.
Si l’industrie du règne minéral n’a pas encore pris en France tout l’essor dont elle est susceptible, c’est en grande partie l’effet du peu d’attention que lui accordoit le gouvernement avant la révolution ; nous aurons occasion de remarquer plus tard (i), que, lorsqu’à des époques déjà reculées le gouvernement a voulu développer en France l’industrie des mines et usines, par des ordonnances calquées snr celles qui assurent le succès de ce genre d’établissement dans la plupart des autres pays, l’application de ces ordonnances, tentée avec peu de discernement, quelquefois exagérée, bientôt abandonnée à l’intérét personnel, a fini par occasioner les maux quelle avoit pour objet de prévenir. Le pire fut, que, pour u’avoir pas su apprécier et modifier sagement des mesures déduites de la nature des choses, on crut devoir aller d’un excès à l’autre, comme il n’arrive que trop souvent, et l’on ne prit plus aucune mesure pour la conservation des mines; de là, ce funeste état de dépérissement, auquel plusieurs établissemens
(1) V oyez la quatrième partie de cet ouvrage.
Aperça général.
Eut Jc« mine* araot
précieux ont été réduits, en France, dans le commencement du siècle dernier. Plus tard, l’excès du mal arracha cependant au gouvernement quelques ordonnances conservatrices, mais insu disantes pour le développement de l’industrie des mines' et usines. La richesse minérale du territoire françois a été quelquefois tellement méconnue, que l’on a demandé s’il existoit des mines en France. Depuis les triomphes de l’empire," sa richesse minérale s’étant considérablement accrue, nonseulement par les départemens devenus françois, mais encore dans son ancien territoire, où l’on a senti , pendant la guerre, la nécessité d’en obtenir tout ce qu’il pouvoit produire, l’attention du gouvernement s’est dirigée sur cet objet important. Aujourd’hui , la France doit compter ses mines et usines parmi ses moyens de puissance; c’est ce que prouve le tableau statistique; entrons dans quelques détails. •
Jusqu’à l’époque de *789, la balance du commerce relativement aux produits minéraux fut très-désavantageuse à la France. D'après les recherches les plus exactes, on voit, en prenant un terme moyen de 1787 à 1789 inclusivement, que l’étranger répaudoit alors, année commune, sur le territoire françois, à peu près les quantités de marchandises qui vont être indiquées (1) :
(1) V 1 oyez eicomparez : i.° J. d. ra., n.° 1 , pag. 55, an 3; et n.° 76,
• ; a.° a. d. a., n.*a8, pag. 4, an 10 (ou 1803),