QUINTAUX
VALEUR
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le* prit de cette ép*qoe.
Houille (par l’Angleterre) . .....
6,595,000 fr.
Fer, tant brut que manufacturé (par l’Angleterre, la Suède et l’Allemag"e ) •...
Plomb brut ( par l’Allemagne et l’Angleterre)
Plomb manufacturé (céruse, etc. ) ( par la Hollande et l’Angleterre) . . .
i,o5o,ooo
Etain, tant brut que manufacturé (par l’Angleterre et l’Allemagne). ...
Cuivre , tant brut que manufacturé ( par la Suède , la Ruasie et l’Angle-
Mercure , moitié brut , moitié manufao turc (par l’Allemagne)
56o,ooo
Cobalt, Smalt, etc. (par la Suède et l’Allemagne)
i3o,ooo
65o,ooq
Vitriol de fer (par l’Allemagne et l’Anglcterrc )
Alun ( par l’Allemagne et par llta-
lie)
Totài. 52,85o,ooo
Commerce de«*al>- Unces minérale#.
La France recevoit de l’étraDger, année commune, les objets accessoires ci-après :
De l autre part . . 5a,85o,ooo fr.
Plombagine ou crayon d'Angleterre ,
pour . • aoo.ooQ fr.
Prussiate de fer (bleu de Prusse). . 18,000
Zinc, tant oxide que métallique . . 20,000
Produits arsenicaux ....... 22,000
Manganèse oxide 1,200
Acide sulfurique 10,000
Marbre 400,000
Ardoise ............ 56, 000
Total . . . 707,200,01. 707,200
Total général. . . . 53,557,200
Il est très-vraisemblable que l’importation des produits minéraux s'élevoit annuellement à une somme encore plus forte. M. Coquebert de Montbret , qui a établi ce calcul pour l’année 1787, d’après les recherches que M. Gillet de Laumont avoit faites sur les registres du Bureau de la balance commerciale, a soin de remarquer que l’on doit ajouter à la somme énoncée ci-dessus, la valeur des objets non enregistrés, les différences qu’on présume ordinairement avoir lieu entre les déclarations des contribuables et l’exacte vérité, enfin la valeur des marchandises qui étoient introduites et consommées dans les provinces réputées étrangères et dans les ports francs. D’après son calcul , on peut admettre que le total définitif cherché ci-dessus s’élevoit annuellement à qua-
rante-deüx millions. A cette même époque, la France exportent pour huit à neuf millions de substances minérales : si l’on retranche de cette f'oible exportation les objets qui ne faisoient que passer de la France dans ses colonies, elle se réduit à six millions tout au plus; ainsi, la balance du commerce, relativement aux substances minérales, étoit au désavantage de la France au moins de trente-six millions, sans compter l’or et l’argent qui vont être considérés à part.
Si l’on ajoute, à la valeur des produits minéraux dont il vient d'étre question , quarante-cinq millions de francs, somme qui représente la quantité d’or et d’argent que la France recevoit, année commune, par le commerce extérieur, à l’époque indiquée; on a lieu de croire qu’avant la révolution, il entroit annuellement sur le territoire françois pour quatrevingt-sept millions de produits des mines étrangères.
La nécessité dans laquelle se trouve la France de tirer 1 Or Distinction entre et l’argent de l’étranger, et l’avantage qui résulte pour elle * *£** de l’introduction de ces métaux, ont quelquefois été cités comme fournissant un argument contre l’exploitation de ses propres mines; mais il nepourroit, ce me semble, être spécieux que pour des personnes qui confondroient les mines d’or et d’argent avec les autres genres de mines. Ces deux métaux diffèrent au moins autant des autres substances minérales , par le rôle qu’ils jouent relativement à l'industrie et au commerce, que par leurs propriétés physiques, par leur rareté, enfin par le prix qu’on y attache généralement; les autres substances minérales doivent être considérées surtout comme des moyens directs de travail, et sous ce point de vue, elles sont bien plus précieuses que les mines d’or et d’argent. Ou a reproché à celles-ci, et quelquefois d’une manière beaucoup
trop générale, d'avoir tné l’industrie dans plusieurs contrées. Nous ne nous arrêterons point à établir une distinction, à l’égard de ce reproche, entre les mines de l’Amérique et celles de l’Europe; distinction qu’indiquent suflisamment, et la différerice de produit annuel en or et en argent dans ces deux parties du monde, et la différence des circonstances, tant naturelles que politiques, par lesquelles l’exploitation des mines d’or et d’argent a été dirigée dans l’ancien et dans le nouveau monde, et enfin la différence de résultat relativement à la prospérité des pays où l’on exploite des mines d’or et d’argent. Mais remarquons chez combien de peuples l’exploitation des autres substances minérales a fait naître et prospérer l’industrie. Ces substances n’ont point, autant que l’or et l’argent, une valeur consentie par les nations commerçantes; elles se détruisent ou s’usent bien plus, et elles sont par conséquent bien plus avantageus s à produire, que l'or et l’argent, dont la quantité circulaute s’accroît et s’avilit. Elles ne sont point, comme l’or et l’argent, des moyens d’échange, c’est-à-dire, des objets rares, en même-temps que peu susceptibles d’emploi dans les arts, • et par cela même des objets principalement destinés à une circulation active; mais elles sont toutes des matières premières, d’une nécessité indispensable dans l’état actuel des nations. Ou peut conclure de ce qui précède, que le peuple qui exploite des mines de plomb, de cuivre, d’étain, de fer, etc., ne sera jamais sollicité par son propre intérêt, de livrer ces substances dans leur état brut à celui qui ne les exploite pas, tandis que celui qui oblieut, de ses mines, des quantités énormes d’or et d’argent, comme celles que fournit l’Amérique, sera intéressé à répandre promptement les monnoies qui en résultent. Par conséquent, Le peuple qui , par la
C 4ot )
négligence de ses voisins, se verroit exclusivement en possession des produits minéraux réputés moins précieux, pourroit bientôt, ou ne les livrer au commerce que manufacturés, ou ne les vendre bruts qu’à un prix exorbitant; quel fléau, dans1 l’un et l’autre cas, pour le pays réduit à les acheter !
Ce n’est pas ici le lieu d’établir plus amplement la différence incontestable qui existe entre les résultats politiques des mines d’or ou d’argent, et ceux des autres mines. Cette matière me semble susceptible de grands développemens. Qu’il me suffise d’avoir effleuré quelques-unes des considérations propres à répondre aux personnes qui ont dit : qu’avons-nous besoin de mines? les autres peuples nous apporteront toujours assez de produits minéraux. La France, a-t-on dit encore, u’exploite point de mines d’or; elle tire peu d’argent de son propre territoire, et cependant elle 11e manque ni d’or ni d’argent; donc elle peut se passer de l’exploitation des mines. C’est cette conséquence générale qui m’a semblé fausse et dangereuse.
Dans l’état actuel du commerce et des arts, on pourroit démontrer que , pour plusieurs pays , s’ils étoient obligés de choisir entre les divers genres de mines, la moindre privation seroit l’absence des mines d’or et d’argent, et la plus grande celle des mines de houille et de fer. On a déjà prouvé que , si la France avoit besoin annuellement d’une quantité de cuivre, de plomb, de bouille ou de fer, qui valût, par exemple, douze millions de francs, il lui seroit infiniment plus avantageux de l’extraire de son propre sol , dùt-il même lui en coûter cette somme, que de l’acheter de l’étranger (i). Je n’ajouterai qu’une réflexion à l’appui de ce qui a été dit plus
(i) J. d. m. n.°a3. pag. ^33.
Si
haut; à l’époque de 178g, la France, qui n’extrayoit de ses mines qu’environ cinq millions de quintaux' de houille , en recevoit à peu près autant de l’Angleterre ; mais à quel prix? Communément à trente sous le quintal, dans les ports. Aujourd’hui, la France tire de son propre territoire cent millions de qnintaux de houille, cl le prix moyen de ce combustible, sur les mines, est le tiers de celui que l'Angleterre exigeoit d’elle. Tout le inonde sentira qn’une telle contribu- . tion ëtoit encore bien plus funeste par le découragement qu’elle portoit dans les exploitations françaises, et par les obstacles qu’elle opposoit aux arts qui emploient la houille, que par le numéraire qu’elle *enlevoit à la France,
Eutd«mUin» Voyons quelle est aujourd’hui la situation des mines de !o® . l’empire. Nous commencerons par la bouille et le fer, qui
sont, en France, ainsi que dans plusieurs .autres états, les . principales branches de richesse minérale.
Mint. de bouîiic 1 On lit , dans un Mémoire publié, en i8o3, par M, Lefebvre d’Hellencourt, membre du conseil des mines de France, qu’à cette époque l’exploitation de la houille étoil en activité dans quarante-sept départemens , et que sei*e autres pré^eotoient des indices de ce combustible (1). M. Lefebvre se bornoit alors à indiquer une extraction annuelle de quatre-vingt-deux millions de quintaux de bouille, pour toute la France. Aujourd’hui , d’après des renseignemens plus précis , et vu les progrès de plusieurs mines, il n’hésite point à estimer cette extraction, avec MM. ses collègues, a cent millions de qain-
(1) Aperçu général des mines de houille exploitées en France, de leurs produits , et des moyens de circulation de ces produits , par M. Lefebvre (J. cl- m. n.° 71 et 72).
taux; nous allons voir que vingt-sept des départemens riches en mines de houille fournissent seuls tes trois quarts de cette quantité.