‹ De la richesse minerale. Consideration sur les mines, usines et salines des differens etats, presentees comparativement ... Avec un Atlas infolio de 65 planchesChapitre 59 sur 94 · EXPLOITATION DES MASSES · texte numérisé non relu

EXPLOITATION DES MASSES

Mines Je cuivre Je Fahlun en Sue Je.

Les mines tle cuivre de Fahlun en Suède sont ouvertes depuis un temps immémorial; leur activité s’est déployée sur-tout depuis le commencement du XVII.C siècle, époque de la fondation de la ville dont elles portent le nom.

C’est une masse couchée de pyrites, qu’on exploite en cet endroit: elle est renfermée dans un schiste micacé qui , d’après les observations de MM. Hausmann et Léopold de Buch, se rapporte à une époque géognostique de formation , que ces savans naturalistes regardent comme récente dans le terrain primitif [ Jïtngere granit- gneus s - unJ giimmerschiefer formation j .

Ce gîte remarquable de minerais de cuivre présente (a forme d’un ellipsoïJe, dont le grand axe est parallèle à l’inclinaison des bancs de la roche environnante.

Sur les fig. 1 à 4 , qui sont relatives à ces mines , on remarquera d'abord ce qui suit:

Une teinte d’un gris pâle indique la pyrite de fer qui constitue le noyau de la masse couchée ;

Une teinte d’un gris foncé indique le quartz suberJonné au schiste micacé, dans lequel la masse est renfermée;

Une teinte jaune indique la jonc exploitable : cette zone présente un mélange de pyrite de fer et de pyrite de cuivre, avec un peu de plomb sulfuré; elle est bornée par une enveloppe composée de substances talqueuses, telles que serpentine, schiste talqueux, schiste chioriceux.

et Je mica, d'amphibole, d’actinote, &c. Il en résulte, tout autour de la masse couchée, une surface lisse, espèce de lisière que les mineurs allemands désignent par le nom de schlcchten ou schlkhten , et les mi' neurs suédois par le nom de shelen ou skotur. Souvent, la lisière contient elle-même des particules disséminées de pyrite de cuivre et de plomb sulfuré. Immédiatement autour de l’enveloppe ou lisière, se présente un banc de quartz pur, après lequel on trouve, en quelques endroits, une seconde lisière talqueuse, qui contient, comme la première, de la pyrite de cuivre et du plomb sulfuré. Ce banc de quartz pur est renfermé, comme une roche subordonnée , dans le schiste micacé qui constitue, avec le gneiss et le granité , les montagnes au sein desquelles se présente le gîte de minerais.

M. le baron Hermelin , auquel nous sommes redevables d’une représentation géométrique des mines de Fahlun, publiée en suédois, indique l'existence d’une roche cjlcatre , en un point rappelé par cette désignation sur la fig. 2.

Notre pl. 1 9 présente les objets suivans :

Fig. 1. coupe verticale, faite sur le gîte de minerais suivant la ligne X BC Y de la j fig. 2. Cette coupe passe d'abord de l’est à l’ouest, depuis le point X jusqu’au puits B , qui porte le nom du roi Adolph Frcdnl; ensuite elle passe du sud-est au nord ouest par le puits B et parle puits C, qui est désigné par le nom de Lov'tsa- Ulrica ;

Fig. 2, projection horizontale des principaux ouvrages qui sont situés au-dessus d’un plan horizontal passant par le fond du puits B. ( Fijycj

Q.R ,fg. /.)

Pour éviter la confusion qui ne manquerait pas d’avoir lieu, si l’on projetoit sur un même plan tous les points de ces ouvrages très compliqués, nous avons disposé les projections de manière qu’il devînt facile de les distinguer, ainsi qu’il suit :

Tous les ouvrages souterrains qui, dans la fig. 2, sont exprimés par le blanc du papier, se trouvent, dans la réalité, au-dessus des plans horizontaux qu’indique, sur la fig. 1 , la ligne brisée I J K LM N OP.

Tous les ouvrages qui, dans la même fig. 2, sont indiqués par des lignes ponctuées, ouvrages dont les projections sont quelquefois couvertes par 2. 4e

Fahlvk, Pl. >9.

Fig. r.

Fig.,.

{ Vi)

Fahluh. [es projections en blanc, se trouvent, dans la réalité, au-dessus du plan horizontal ciui na^scroit par le fonJ du puiti B ( mr? Q.R . fa- > et audessous de IJKLM N OP.

Auprès «les projections en blanc , de meme qu’auprès des projections •ponctuées quelles cachent en partie , on voit de» chiffres qui expriment , en toises de Suède et en douzièmes de toise , à quelle profondeur chacun des points qui en sont affecté-s, se trous e, dans la réalité*, au-dessous de la ligue horizontale qui est marquée o fjjro) dans h fig. /. Pour plus de clarté, les chiffres qui correspondent aux projections en blanc sont écrits dans le sens ordinaire, de gauche à droite, et ceux qui correspondent aux projections ponctuées, sont écrits dans un sens perpendiculaire au premier.

Il a été nécessaire de supprimer, dans les figures, quelques parties des ouvrages dont les projections sont exprimées par le blanc du papier, afin que ces dernières ne dérobassent point la vue des projections ponctuées, dans les endroits où il pouvoit être intéressant de suivre la liaison qui existe entre les divers niveaux. C’est ainsi que les points g, k, h, 1 , in , n , indiquent des arrachemens ou suppressions auxquels il est facile de suppléer par les communications qu’indique la coupe fig. i, du moins d’une manière suffisante pour notre objet, qui est de faire connoître la disposition générale du gîte de minerais et des travaux d’exploitation. ün voit, par exemple , sur la fi g, i, qu’a la profondeur d’environ 86 toises, il existe une communication horizontale entre le point Ln et le puits B, communication que le plan fig. a ne peut que rappeler par l'arrachement n. Les correspondances de niveau exprimées pa les chiffres, jointes aux lettres qui se correspondent sur la coupe et sur les plans, pourront suffire pour indiquer de semblables communications, qui pîroissent être supprimées dans les dessins publiés en Suède. fig. p L a fi g. ] offre la projection horizontale des ouvrages qui se trouvent

entre un plan horizontal qui passeroit par Q.R, et un autre plan horizontal qui passeroit par S T de la fig. i.

Il importe de remarquer que le point b b de la fig- J est le fond du puits B; ainsi, au moyen des carreaux que portent ces plans-maïH s, il est facile de considérer le plan fig} , comme appliqué convenablement

sous Je plan fig. 2 (tt étant sous B , et les carreaux se correspondant). Fahiuv, Par là , on peut voir quelle position et quelle courbure prend,» différons *' '9‘ niveaux, l’ellipsoïde exploitable dont nous avons déjà parlé.

La fig. g est la projection horizontale des ouvrages situés entre un Fig. 4plan horizontal qui passeroit par S T, et un autre qui passeroit par U V de fig. i.

C’est au centre de cette projection que se ferme, dans la profondeur, l’ellipsoïde dont la lisière exploitable présente la forme. Ii est encore à propos de remarquer que, sur le plan^. 2, la teinte jaune qui indique la masse exploitable, ne se rapporte qu’à la forme qu’offre cette masse au-dessus des niveaux I JKLMN OP de fig. /. Quant au plan inférieur que la même fig. a rappelle par des lignes ponctuées , la teinte jaune, s’ilavoit été possible de l’y placer sans confusion , s’y trouveroit également autour des espaces excavés: ainsi , la projection de ces espaces, qui est représentée par des lignes ponctuées sur la fig. 2, indiquera suffisamment la forme de la zone métallifère aux différens niveaux, si l'on compare cette projection avec les autres. (Fig. / à g.)

Après avoir considéré le gisement de la masse couchée de minerais, jetons un coup-d’ceil sur les moyens d’exploitation, tant au jour qu’à l’intérieur.

A la surface du terrain, les mines de Fahlun présentent les traces d’un T™™» effroyable bouleversement. Par suite des désordres auxquels l’exploitation fut livrée autrefois, les anciens travaux s’écroulèrent en l'année 1 687.

De cette catastrophe, il est résulté deux abîmes en forme d’entonnoir; iis sont réunis dans une vaste excavation, dont les bords supérieurs sont projetés sur le plan fig. 2, par la ligne courbe ab C cl e f. (Fi y. aussi fig. /.)

Au sein de celte excavation , dans les deux abîmes G , H qu’elle renferme , se trouvent les deux ouvertures principales des mines de Fahlun : l'abîme G correspond aux travaux qui sont nommés Maensnil, d’après le nom d’un habile mineur; l’abîme H est au dessus de la grande mine, dite Siorà-Grufva. ( Voyez fig. 2.)

On descend à découvert dans l’excavation a I) cd C f, jusqu’à la pro- Entrées de I» fondeur de 50 toises, par un escalier commode qui est indiqué sur le mmc' plan fig- 2 (entre les lettres C, d). Dans l’intérieur de la mine , de petits

Fahlun, escaliers tortueux , pourvus de rampes, et souvent interrompus par des P1, ">• galeries horizontales ou légèrement inclinées, conduisent jusqu’à la profondeur de i 48 toises; passé ce niveau, on ne peut parvenir qu’au moyen des échelles à la plus grande profondeur, qui est de 193 toises de Suède. Remarquons en passant que la plus grande profondeur , en l'année 1 768,étoil de 170 toises, et, en l'année 177 J, de 1 80 toises, au rapport de plusieurs auteurs qui ont décrit ces mines à différentes époques.

Eaux motrices. L’épuisement des eaux et l'extraction des minerais s’opèrent au mo)en de roues hydrauliques, mises en mouvement par les eaux d’un grand étang qui est situé au sud-ouest de l’exploitation. Depuis cet étang jusqu’à la ville de Fahlun, qui est située à 500 toises au nord est de l'excavation a b C de t , la chute et la distribution des eaux motrices sont ménagées avec art, d’une manière analogue à ce que nous décrivons ailleurs, d’après l’exemple du Hartz. (FVyrj pl. 3 1 et 32.) Aux mines de Fahlun, les memes eaux passent successivement sur trente roues hydrauliques, tant pour le service des travaux intérieurs que pour celui des ateliers de préparation mécanique ; ensuite elles mettent en mouvement un grand nombre d'autres roues hydrauliques, dans les usines qui sont établies auprès de la ville. Ces eaux motrices finissent par se jeter dans le grand lac de Runn , sur lequel s’opèrent les transports de bois et de charbon pour le service de divers établissemens.

Puiu principaux. Les puits principaux sont désignés par les noms suivans; les roues qui se rapportent à leur service sont placées à la surface du terrain ; + (Voyez fig. 1 et a.)

A, puits Konung FreJrik, pourvu de plusieurs roues d’extraction et d’une roue d'épuisement. Cette dernière est mise en communication avec les pompes du puits A , au moyen d’un équipage de tirans de bois, analogue à ceux qui sont représentés, d’après le Hartz, sur la pl. 33 ;

B, Konung AJolgh-Frednk , avec deux roues d’extraction;

C, Lovisû-Ulr'ico , avec une roue d’extraction;

D, Graff- \Xrtite , avec une roue d’épuisement, qui est aussi ap-

pliquée au service de plusieurs autres ateliers ;

E , dit Cretii^ sckacht , avec une roue d’extraction ;

F , dit Wrangtls schachl.

Outre les roues hydrauliques, il existe, auprès de chaque puits d extraction, une machine à molettes, qui peut être mue par des chevaux, en cas que les eaux motrices viennent à manquer. Sur plusieurs petits puits, J’extraction s’opère au moyen de simples treuils mus à bras d’hommes.

Ce sont des chaînes de fer qu’on emploie pour cet objet , parce que les eaux vitrioliques , qui abondent dans les mines de Fahlun , ne permettent pas d’employer des cables : comme le fer ne laisse pas d’être attaqué par ces eaux, il est défendu de descendre dans les tonnes; par la même raison , tous les corps de pompe sont en bois , ce qui augmente considérablement le frottement des machines.

Depuis quelques années, on met à profit les eaux vitrioliques, en les faisant passer, au sortir des mines, sur des ferrailles qui se chargent ainsi de cuivre de cémentation. Les eaux sont ensuite concentrées dans un bâtiment de graduation, à la manière des eaux salées, puis évaporées dans des chaudières. On obtient ainsi , tous les ans , environ 600 quintaux de vitriol vert [sulfate de fer] , et quelque peu de vitriol bleu [sulfate de cuivre].

D’après la disposition de la masse qu’il s’agit d’exploiter, il est facile de se faire une idée du système général suivant lequel sont pratiquées les excavations souterraines. L’objet important et difficile étoit de résoudre le problème qu’a dû présenter pendant long temps un tel gîte de muterais, attaqué au hasard sur tant de points divers; c’est en quoi s’est le plus signalée , dans ees derniers temps , l’habileté des directeurs de ces travaux. D’après leur exemple, on 11e saurait trop recommander letude approfondie des gîtes de minerais, à tous ceux qui se proposent ^'exploiter des mines.

Dans la masse de Fahlun , le système général d’excavation à l’intérieur consiste à pratiquer des percemens, tant horizontaux que verticaux, et à disposer des chambres ou ateliers d’exploitation, dans l’enveloppe talqueuse qui contient le minerai de cuivre: on tâche de ne pas s'écarter de cette lisière , qui dirige le mineur; dès qu’on cesse de l’apercevoir , on la recherche par des galeries et des foncemens.

De ce mode d’exploitation, qui ne saurait être plus régulier, vu la disposition naturelle de la masse, il résulte de nombreuses excavations

Fahlun,

PI. JL ».

Machines.

Eau* vitriolique*.

Travaux imë rieurs.

Fa h lu s.

Moyens d’cxploi- Miion.

Principales ex cavations.

dirigées dans tous les sens; les unes sont abandonnées ; les autres sont en exploitation active , ou simplement en recherche , suivant que le minerai se montre plus ou moins abondant au sein de l’enveloppe talqueuse. Chacune de ces excavations porte le nom de quelque personnage recommandable, ou rappelle quelque circonstance intéressante de l’exploitation. C’est ainsi, par exemple, qu’un des ateliers [yoy.fg. } . lettre porte le nom de M. Hermelin, auquel nous sommes redevables d’une connolssance exacte du gîte de minerais qu’on exploite à Fahlun. Ailleurs, une galerie nommée Ubi sitnt [ où sont-ils i] semble attester l’embarras dans lequel durent se trouver les mineurs, en pratiquant dans la pyrite de fer ce percement qui ne les conduisoit pas au minerai de cuivre. (Voyez fg. 2 , lettre C, 41,6)

On remarquera , au contraire, qu’une autre galerie parallèle (41 , S). qui est ouverte à quelque distance de la précédente vers le nord , se trouve placée convenablement sur l’enveloppe talqueuse et métallifère.

Au rapport de Jars ( Voyages métallurgiques , tom. III, pag. 39), la plupart des excavations que présentent les mines de Fahlun ont été pratiquées à l’aide de l’exploitation parle feu, d’une manière analogue à ce que nous avons décrit au sujet de la pl. t8 ; mais l'approfondissement des puits a lieu par le tirage à la poudre. Des flambeaux de bois de sapin sont employés pour l'éclairage des travaux: le roulage des minerais s’opère dans de grands chariots traînés par des chevaux qui habitent la mine. L’ctendue des excavations exige souvent de forts soutiens de boisage et de muraillement. La description de ces mines, que le savant auteur des Voyants métallurgiques donna en l’année 1 767, annonçoit que les diverses opiidfns sur ce gîte de minerais ne sauraient être éclairées qu'avec te temps , et par des ouvrages de communication (tome III , page 37). Cette annonce nous paroît acquérir un nouveau degré d’intérét, par la comparaison qu’on en peut faire avec ce qui vient d’etre exposé, d’après dès observations plus récentes : quant aux détails qui concernent l’administration et les produits des mines de Fahlun , connues sous le nom de Kopparberg , nous renvoyons à ce qui en a été dit dans le tome I de la Richesse rninérale ( pag. 331 et j4« )•

Nous terminerons l'explication des fg. 1 à 4 de notre pi. 19, en indiquant les noms des points les plus remarquables des mines de Faldun.

Ces points se trouvent tous sur les plans fig. 2, j et 4; mais quelquesuns seulement sont indiqués sur la coupe fg. 1 , où ils portent les memes lettres que sur les plans. Les points qui se trouvent en meme temps sur ia coupe et sur les plans , sont distingués ci-après par un astérisque *. On pourra reconnoître ce qui suit, savoir:

Sur la Figure 2 ,

i.* Dans les projections qu*indique le blanc du papier, avec des chiffres écrits dans le sens ordinaire:

a, foncement dit Tilas saenkning * ;

. b, chambres d’exploitation dites Vagt ma e star orten ;

c, foncement dit Alyrbad saenkning *;

d , ■ ■ Siceckenstroms i

e , Fai**,

f, , Olof hans ;

g, chambre dite Oestra Atnbrus ort;

h, Hedwigi

ij Nedra drottning orten /

k, travaux de la mine dite Lrikmats grufva ;

l, Hedenblads orten ;

m , !nge{ s/orr */

n, Flot ton * ;

o , descente nommée Kron prin £ Gustav-waeg *.

2.0 Dans les projections ponctuées, avec des chiffres écrits dans un sens perpendiculaire au premier :

p , travaux nommés Prin £ Gustav * / g , Bergsorten ;

r, galerie d*écoulement dite Hedenblads stoll ;

s, fond du puits nommé Creut^ schucht j .

t , Edw 'tg Elisabeth-Charlotte * j

u, Biskopen,

Sur le plan Figure

V , Consistorium 9 ; w, Lilienberg;

, *, Substituten * ;

y , Kurbitsen* j

foncement dit Hermelins saenkning ; au, Louisa-CUarlotta* g

bbt fond du puits U, dit Konurtg Adolph-Fredrtik

Fahlun> PI. 19.

Fa H LUN.

Fl. .9.

A L TF.NBERÇ .

Fl. 19.

Ci.cmcnr.

Roches.

Minerai et gangues.

Sur le plan Figure 4 ,

ec, General adjudanten * ; dd , Sijerngranat* ; ee, Ofverste marskalken ;

fft point le plus profond des travaux, dit Stjernkrona *.

Aline d’étain d'Altcnbcrg en Saxe.

Nous avons nommé masses entrelacées ces gîtes de minerais que les mineurs allemands désignent par le nom de stackrerke (qui signifie, soit ouvrage en pleine masse, soit travaux par étage), d'après la disposition générale des ateliers sou terrains qu’exige leur exploitation raisonnée. Suivant M. Werner, cette multitude de filons très-minces, très-peu étendus , s’inclinant, se dirigeant dans tous les sens, et très-rapprochés les uns des autres , qui constitue une masse entrelacée, un stackverk enfin se rapporte presque toujours à une époque de formation qui a dû suivre de très-près l’époque à laquelle s’étoit déjà formée la roche environnante. C’est sur-tout le minerai d’étain qui affecte ce gisement : nous avons déjà indiqué, dans les Notions préliminaires , qu’on en trouve des exemples célèbres dans les mines de la Haute-Saxe et de la Bohême. La situation de plusieurs masses entrelacées, ainsi que l'ensemble des principaux faits qui se rapportent à leur gisement et à leur exploitation, sont indiqués sur notre carte générale du Er^gebirge ( pl. 2 ).

Considérons ici plus particulièrement la masse entrelacée de minerais d’étain qu’on exploite, depuis l'année 1 4j8, auprès de la ville A'Altenberg en Saxe. Tel est l’objet des fig, / à n de la pl. 19.

La roche qui renferme la masse entrelacée d’Altenberg, est un porphyre primitif, superposé au gneiss. La pâte de ce porphyre est trèsquartzeuse, et en partie pénétrée de chlorite. Il est assez difficile, au premier aspect, de reconnoître cette roche pour un porphyre , parce que le feldspath y est confondu dans la pâte quartzeuse; on y distingue des particules disséminées de quartz. Ce porphyre, qui renferme la masse, est d’autant plus quartzeux , qu’il en est plus voisin.

La masse elle-mcme est presque entièrement formée de quartz , dans lequel, outre le miner)! d’étain oxidé, qui est disséminé en particules

souvent imperceptibles, on trouve du wolfram, des pyrites de cuivre e; de fer, de la pyrite arsenicale, du feroligiste, du molybdène et du bismuth sulfuré, avec des gangues de lithomarge, de spath-fluor, de mica et de feldspath.

Au-dessus du porphyre qui constitue la roche environnante , se présente la syénite , au sein de laquelle se dirigent des filons de minerai d’étain, comme l’indique notre carte , pl. 2; mais bornons-nous à considérer la masse entrelacée.

Dans quelques-unes de ses parties, on a rencontré des dépôts de minerais plusabondans que ne le sont les autres, ordinairement .éparpillés dans cette masse : niais la disposition , la continuité , la fréquence des dépôts riches, ne paraissent assujetties à aucune loi que l’observation puisse saisir pour l’appliquer à une direction symétrique des travaux souterrains; 011 s'en convaincra en jetant les yeux sur [eijig.jag de la pi. 19.

L’image des excavations irrégulières par le moyen desquelles on a poursuivi le minerai , fait assez voir que l’espace qu’il occupe au sein de la masse quartzeuse est un véritable dédale ; cependant , on remarquera sur lés figures que la principale extraction a eu lieu vers le nordouest. Le plus souvent, le minerai d’étain est tellement disséminé dans la roche , qu’il semble être une de ses parties constituantes. L’œil du mineur le plus exercé ne peut alors distinguer si un fragment, obtenu de la masse , est roche ou minorai , c’est-à-dire , stérile ou métallifère. Cest vraisemblablement à cause de cette incertitude, presque continuelle, qui nécessite des essais dont nous ferons mention plus tard ,que les mineurs allemands ont désigné l’étain oxidé , quand il est ainsi disséminé, par le nom de iritrer, qui , en général , veut dire ambigu.

Dans l’origine de l’exploitation d’Altenberg , depuis le milieu du XV.* siècle , on avoit pratiqué au hasard des fouilles irrégulières sous une étendue de terrain et jusqu’à une profondeur considérables. Au commencement de l’année 1 620 , les travaux souterrains de 2 1 compagnies différentes correspondoient à une surface du sol de 3822 toises carrées , au-dessous de laquelle chacune de ces compagnies exploitoit à son gré, sans avoir égard aux autres : il en résulta, le 24 janvier de la même année , un effondrement subit des travaux alors existans.

Alteubcrc, Pl. >?.

Coup-d'œif sur ica Fig. J if.

Ancien abîme.

ALTESBEf G, PI. 19»

Travaux actuels.

F{gS-

Fig. 6.

La mine fut totalement bouleversée jusqu’à une profondeur d’environ 170 toises, à laquelle étoient parvenus ks intrépides dévastateurs. Le contour d'un vaste abîme qui fut ouvert par cette catastrophe, est tepré.-enté , sur la fg. 6 , par la ligne courbe b b b b, tel qu’on le voit à la surface du sol , auprès et au nord-est de la ville d'AItenberg. La profondeur visible de cet abîme est à-peu-près de 66 toises; elle est indiquée , sur la /î/./. par la ligne courbe b' b‘ b‘ ; mais le bouleversement est encore reconnoissable jusqu'à une profondeur de 95 toises au dessous de cette courbe b' b' b' , et par conséquent jusqu’à 3 ; toises audessous de la plus grande profondeur des travaux actuels , qui est représentée sous le puits B ,fg. /.

Cest en partie sous l’abîme b b . dont nous venons de faire mention, qu'est située aujourd'hui l’exploitation de la masse entrelacée : là, on emploie une méthode d'éboulement [bnuhbau] , tandis que, dans la partie non bouleversée, 011 exploite par étages jsiâckrerhlauj .

Avant de nous arrêter à ces deux genres d’ouvrages d'arrachement, il est à propos de jeter un coup d'eril sur la disposition générale des travaux préparatoires; pour cela considérons les ligures suivantes :

La fg. / présente la projection veriïcale des travaux souterrains, faite sur un plau parallèle à la ligne X Y de fig. 6. Les espaces excavés y sont indiqués par des teintes d'autant plus foncées , qu’ils sont situés plus loin derrière la ligne X Y , en allant du sud au nord.

Pour que les différences de niveau fussent plus sensibles, nous les avons exprimées , sur cette 6gure , d'après une échelle double de celle qui , dans la même fg. /, mesure les distances horizontales : on comparera facilement ce» deux échelles avec celle que nous avons adoptée pour les fig. 6, 7, S. g, , n.

La fig. 6 est un plan sur lequel sont projetés horizontalement tous les ouvrages qui sont indiqués , à différens étages, par \*fg. /. D..11» ce plan, les excavations qui se rappoitent à un meme étage sont distinguée* par une meme 'aille de gravure, par un meme chiffre , et, quand il eu est besoin, par une même couleur que sur \»fg. j.

Un coup d’œil comparatif, sur la fg. 6 et la fg. S , suffira pour faire reconnoîire que la mine d'AItenberg comprend deux arrondissemens

situés , l’un vers le puits B , et l’autre vers le puits C. On reconnoîtra aussi que, dans quelques étage», comme par exemple aux niveaux indiqués par j , 10, les excavations de l’arrondissement C sont en communication directe avec celles de l’arrondissement B, tandis que, dans les étages 6 . y, il n’existe pas de communication directe d’un arrondissement à l’autTe : enfin , on verra comment , de l'étage 8, considéré dans l’arrondissement C , on descend à l’étage p , considéré derrière l’arrondissement B et au-delà du puits C.

La fig. y offre séparément le plan de l’étage qui est distingué par le chiffre p et par une meme taille de gravure sur i esfig. f et 6. Les espaces laissés en blanc au milieu de la teinte grise représentent les piliers ménagés dans l’excavation.

Pour peu qu’on examine ces trois figures , on se fera une première idée de l’ensemble compliqué qui nous occupe ; mais bientôt on remarquera que , sur la fig. y, la hauteur des excavations semble exagérée , relativement^ leur largeur, ce qui provient de la différence des échelles indiquées ci-dessus : on remarquera encore que , dans cette même projection verticale , certaines excavations sont projetées les unes sur les autres, quoique, dans la réalité, il existe entre elles plus ou moins de distance horizontale, comme l’indiquent les fig. 6 et y. Enfin, (a comparaison des fig. J, 6 et y, fera voir que certains étages , comme l’étage n p et l’étage n.° € , sont en partie cachés dans la fig. 6, parce que fa projection des autres étages ne permet pas que t’oei! se rende compte de leur forme générale , comme il peut le faire , par exemple , pour les étages 8 , to, n. C’est pour écarter les incertitudes et les erreurs qui

pourroient naître de ces remarques , qu’aux figures précédentes nous avons ajouté quelques détails, par le moyen des fig. 8 ,p , to et // : c es quatre dernières figures sont sur la même échelle que les fig. 6 et y,

hifig. 8 offre séparément le plan de l’étage f, considéré dans l’arrondissement C : une même teinte bleue indique l’emplacement de cet étage sur les fig. J et 6.

La fig. p est une projection ou coupe verticale du même étage 8 , faite d’après la même échelle que le plan. Les excavations sont représentées ici dans leurs véritables rapports de hauteur et de largeur, et non plus

Altfkmkg, PI. 19.

Fig. *• Fig f.

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