‹ De la Rigidité de Déséquilibre Normale et PathologiqueChapitre 17 sur 33 · SAN PT · texte numérisé non relu

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poignet. Aussi allons-nous pouvoir établir ici encore ‘ des graphiques qui objectiveront cette rigidité.

La première planche concerne un parkinsonien postencéphalitique très accentué. L'ascension et l’aspect crénelé de la courbe marquent la résistance des: antasonistes pendant les mouvements passifs de flexion du poignet (F.). Au repos complet, cette résistance disparaît : la ligne est à peine ondulée. Mais dès que le sujet détache sa tête du dossier, comme nous le disions tout à l'heure, la résistance reparaît. Nous voyons aussi que la rigidité atteint son maximum dans la station debout, surtout si nous la compliquons par une nouvelle manœuvre, en disant au sujet de placer son bras sur sa tête.

La planche n° IT nous montre enfin un parkinsonien assis sur une chaise, auprès d'une table. Chaque fois que le sujet pose sur la table son bras libre, on voit les variations immédiates de sa rigidité.

Ces graphiques nous monirent en outre un aspect crénelé qui correspond à la roue dentée parkinsonienne. Cette dernière, qui existe aussi chez le normal, ne semble être qu'une manifestation particulière de la rigidité, avec laquelle elle varie suivant l'attitude statique du sujet. Ces variations de la roue dentée et de la rigidité se font dans le même sens ou en sens opposé selon l'attitude générale du parkinsonien.

Cette rigidité parkinsonienne, qui n'est pas une hypertonie véritable, mais plutôt une contraction plus ou moins soutenue, varie donc avec l'attitude statique. De plus, elle entraîne une fatigue musculaire très marquée, s'accompagne d’hyperthermie locale, de per-

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: — 46 — turbation du métabolisme des hydro-carbonés et de production d’acidose. Par quels moyens allons-nous pouvoir maintenant la mettre en évidence ?

2. — Recherche de la rigidité parkinsonienne ses variations suivant les attitudes

La recherche de la rigidité parkinsonienne dans la station debout ou la station assise normales ne nous donnera malheureusement un résultat positif que dans les grands déséquilibres. Aussi devons-nous expérimenter dans de nombreuses autres positions correspondant à celles employées déjà pour obtenir une rigidité chez le normal. On opère ainsi une vérification dont l'intérêt est très grand à la phase initiale de la maladie de Parkinson lorsque le malade est à peine figé et que le diagnostic reste incertain. On n'’observe en général à ce stade-là que la disparition du balancement automatique de l’un ou même des deux bras. Mais ce signe, essentiellement imitable, ne peut suffire à nous donner une certitude. Aussi rechercheronsnous le test du poignet figé dans des positions plus instables, augmentant notablement la rigidité du sujet.

La première attitude à interroger, en dehors de l’homme debout en station normale, est la station à cloche-pied comparée, sur l’un puis sur l’autre pied. « C’est lorsque la jambe portante répond au côté hémiparkinsonisé que le poignet correspondant se rigidifie. Il ne le fait d’ailleurs souvent qu'après quelques instants, lorsque la fatigue (fort rapide en pareil Cas) apparaît, lorsque le malade commence à osciller.

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Le même poignet, par contre, s'assouplit et reste souple lorsque la station se fait sur l’autre pied. Quant au poignet sain il se désintéresse complètement du côté portant (5). »

Si maintenant nous faisons marcher notre sujet, sans lâcher son bras du côté suspect, on note facilement que le poignet se rigidifie chaque fois que la jambe portante correspond au côté hémiparkinsonisé. On pouvait d’ailleurs s’en douter, la marche n'étant, en somme, qu’une station à cloche-pied alternée. Demandons au sujet de presser le pas puis d'aller le plus vite possible, on s'aperçoit aussitôt que rigidité et rapidité sont en rapport inverse : plus le sujet va vite, moins le poignet est rigide. Ceci correspond d’ailleurs à la réapparition des mouvements associés du bras parkinsonisé.

Faisons encore faire le moulinet au sujet en station à cloche-pied : le poignet est alors grippé, résistant aux mouvements provoqués tant que dure cette manœuvre.

Prenons maintenant l'attitude et le geste dits « au comptoir », dont nous avons parlé dans notre premier chapitre. C’est une « station penchée avec allongement du bras pour préhension d’un objet un peu éloigné ». « Lorsque le sujet observé est suffisamment éloigné de la table ou de la cheminée sur laquelle a été placé un verre plein d’eau, lorsqu'il se penche pour le saisir sans avancer l’une des jambes, et surtout, lorsque le

(5) J. FromEenr et H. GarpÈre. Parkinsonisme fruste et perte des mouvements automatiques associés, sans rigidité apparente. Loco ceilato.

mouvement pour prendre le verre et le reposer es exécuté avec précaution et lenteur, le poignet correspondant au côté hémiparkinsonisé (l’autre main faisant le geste de préhension) se rigidifie en cours d'acte de manière intense et durable (f). »

M. Froment, en collaboration avec Paufique (}, a encore étudié les variations d'intensité de la rigidité parkinsonienne au cours de l'épreuve de Romberg simple ou modifiée.

Dans l'épreuve de Romberg classique la rigidité augmente dès que le malade accole ses pieds par le bord interne ; et son accroissement est beaucoup plus net au moment de la fermeture des yeux, pour atteindre son maximum lorsque le sujet commence à osciller.

Mais « tout ce qui, dans l'épreuve de Romberg modifiée, vient alléger la statique, atténue plus ou moins du même coup son retentissement sur la rigidité ». C’est ainsi que si nous disons au malade de l'épreuve précédente de s'appuyer avec sa main libre sur une table, sur une cheminée où au chambranle d'une porte : la rigidité de son poignet s’atténue aussitôt. Il en est de même en augmentant la stabilité du sujet par un léger écartement des pieds, ou en le faisant adosser à un mur dans l'attitude la moins fatigante. Mais ici encore il y aura des limites, car un trop grand écart des deux pieds, dépassant un optimum, rigidifiera de nouveau le sujet.

Continuons nos recherches et prenons un malade

(6) J. Fromenr et H. GarpÈèRE. Voir plus haut.

(7) J. FroMENT et Paurique, La rigidité parkinsonienne et ses variations d'intensité au cours de l'épreuve de PIS simple ou modifiée. Loco citato.

pieds joints et yeux fermés sans aucun étai ; faisonslui tourner la tête, alternativement et sans régularité, à droite, à gauche, en haut ou en bas. Aussitôt la rigidité atteint son maximum. Il en est de même si nous commandons au sujet de se tenir sur les talons pieds joints, ou bien dans l'attitude du danseur de corde, un pied devant l’autre, talon contre pointe. Ces attitudes, qui rigidifient par instant le normal, comme nous l'avons vu, accentuent considérablement la rigidité du parkinsonien.

Dans cette même épreuve de Romberg aggravée, disons maintenant à notre malade de prendre un point d'appui quelconque, soit avec sa main libre, soit avec son dos en s'appuyant contre un mur : aussitôt, l'accroissement de la rigidité, provoquée par les mouvements de la tête, subit un certain fléchissement.

« Ainsi, lorsque l’on combine les manœuvres qui aggravent et les manœuvres qui allègent l'épreuve de Romberg, atténuant plus ou moins le déséquilibre qui résulte des premières, on diminue du même coup plus ou moins leur retentissement sur la rigidité (5). »

Toutes ces variations de la rigidité au cours de l'épreuve de Romberg sont schématisées aussi exactement que possible dans le tableau suivant, emprunté à MM. J. Froment et Paufique.

Poursuivant méthodiquement l'étude physio-clinique de la rigidité parkinsonienne et l’analyse expérimentale de son déterminisme, M. le Professeur Froment s’est demandé si cette dernière est indifférem-

(8) J. FRoMENT et PAUrIQUE. Voir plus haut.

ÉNÉtreS

ment plastique ? Si, en d’autres termes, il est bien vrai qu'elle tende à maintenir sans aucun choix, sans aucune prédilection, toute attitude nouvelle donnée au bras figé (°) ?

| Variations d'intensité de Ja rigidité parkinsonienne selon l'attitude statique |

Pieds Pieds Grand Epreuve de Romberg joints EE LE c: yeux ouverts + — + Simple ee yeux fermés LeAe # ae Dés A ; yeux ouverts — —— 2 Allégée (malade étayé) ... Re FR en Æ mA Aggravée (mouvements de yeux ouverts| +++ + TER LétE) APRES ... Lyeux fermes |++++ +++ tt Aggravée avec atténuation | yeux ouverts + Le ere du déséquilibre (mouvements de tête, malade ÉLAVÉ) SU eebe yeux fermés +++ ++ +++

Aussi, après avoir montré que la rigidité du bras se modifiait avec l'attitude du tronc, la question se posait de savoir si les changements d’attitude segmen-

taire agissaient également sur cette rigidité. « En réalité, les variations les plus minimes dans l’attitude des autres membres se répercutent indiscutablement sur le tonus de posture du segment interrogé. » Mettons un parkinsonien dans l'attitude de l’homme qui cherche à parer un choc avec ses bras, l’avantbras libre en demi-flexion, la main haute et face à

(9) J. Fromenr et Trrers. Les attitudes du bras que tend à maintenir la rigidité parkinsonienne sont celles que commandent vigilance et logique statique. Loco citato. .

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