OBSERVATION XI
- Paltauf. — Archives für Gynækologie, 1887, t, XXX.
A.M., âgée de 28 ans, fut autopsiée judiciairement en juillet 1886. Elle avait été toujours bien réglée, mais les règles n'arrivèrent pas fin juin et elle attribua ce retard à une grossesse. Comme cet état était incompatible avec sa | position sociale elle s ’entendit avec une sage-femme pour se faire avorter. |
Comme elle l'avait avoué à son lit de mort, l’opération fut pratiquée le 1° juillet, ce que confirma la sage-femme dans son interrogatoire. Cette dernière avoua s'être servi d’une sonde en caoutchouc à mandrin de cuivre pour pratiquer des injections dans l'utérus; du reste l'instrument fut retrouvé dans la visite domiciliaire.
Pendant les injections A. M. ressentit de violentes douleurs dans le ventre et peu après elle perdit un peu de sang. Les jours suivants elle eut des douleurs persistantes dans Je bas-ventre et de la fièvre ; elle passa les 2 semaines qui
Tone suivirent dans son lit avec des alternatives de bien et de mal. Les médecins qui la soignèrent avaient diagnostiqué une paramétrite avec péritonite. Huit jours après les premiers symptômes de maladie on avait senti au toucher une résistance croissante dans le cul-de-sac postérieu ra résistance non douloureuse. : 7 = M ee. oi a
La semaine suivante les forces diminuèrent, la diarrhée survint et elle mourut le 26 juillet après avoir longtemps gardé son secret qu'elle ne révéla qu'au moment de la mort,
Aulopsie. — Adomen : Vessie contractée à muqueuse jaunâtre, contenant un peu d'urine trouble, On remarque les caroncules à l'entrée du vagin ; la commissure postérieure est lisse, le vagin large, violacé, les replis sont effacés, mais il n’y a aucune trace de lésion. L'utérus est englobé en une masse commune avec les organes voisins. Il est long de 10 centimètres ; sa largeur du fond est de 5 centimètres ainsi que son épaisseur. Il est mou, sa muqueuse est épaissie et enflammée, friable, tomenteuse, riche en vaisseaux, sans aucune lésion spéciale. Sur le col se trouve ‘une cicatrice de deux ””, qui paraît due à un œuf de Naboth, mais qui au début avait laissé supposer tout autre chose.
La trompe gauche, qui vers l’utérus a un diamètre de 4Y9aoquiert un diamètre de 2 centimètres à moitié de sa longneuro@etteidilatation est formée de dilatations secondairésoamptltaires2situées 2h. sa surface et séparées par des cloisons la trompe ensüitésäaungmente de volume ainsi quete mombre des ampoultes. fa 4rampe. est reliée par du üssuseotonchitdadstiquiésælonguenthasla face postérieure dedéhtésire: Cottedilatatin dolatirombe montre sa partie. moyemmenneofverturerondétrèsrépulienhdét celttiin-$/e,
FO Ge A la partie inférieure de cette ouverture se trouvent des franges qui remontent au- dessus d’elle comme un pont et tapissent le fond de la cavité. La muqueuse de la trompe est tantôt lisse, tantôt crevassée, A l’intérieur de la tumeur se trouvent deux masses teintées de sang. À travers l'ouverture de la trompe gauche on arrive dans une cavité qui remplit à peu près tout le bassin. Elle a 8 centimètres de long, 1 de large et 5 d'épaisseur. Ce kyste a une forme ovalaire à pointe dirigée en dehors. En ouvrant ce kyste, on trouve un énorme caillot de sang ét au milieu du caillot se trouve un œuf contenant un embryon de 18 millimètres.
A droite on trouve la même dégénérescence kystique de la trompe et de l'ovaire. 4
La transformation kystique des organes est D antérieure à la formation de. l'embryon qui est âgé de 45 à 48J jours. Il n’y a aucun rapport entre les kystes et la gros- sesse.
Cette transformation . double des deux côtés jou être considérée comme un kyste tubo-ovarien Abüble avec conservation des fonctions de l'ovaire. |
Outre les signes de paramétrite et de péritonite mani- | festes, on trouve sur la trompe gauche dégénérée une tumeur de la grosseur d’une noix présentant les apparences d’une grossesse tubaire avec ouverture à sa partie postérieure et externe.
Conclusions. — 1° À. M., qui a souffert d’une péritonite est morte de septicémie (tous les caractères d’empoisonnement du sang ayant été retrouvés à l’autopsie).
-29 Elle serait grosse de deux mois, l'œuf ne se serait
pas développé dans l'utérus mais dans un ste tuboovarien. ee. se FR 3° L’œuf aurait été porté vivant jusqu” au moment tft o 5 mort de la mère, ainsi que l’a fait prévoir sa structure. | 45 L’œuf n est en rien cause de la mort de la mère; cette cause doit être recherchée dans l'intervention venue du dehors, intervention mécanique dela part de la sage- -femme et établie par les révélations. | = 5° Le degré de péritonite est en 1 rapport avec la duréo +. | la maladie. Fe : À :
6° L'accouchement waurait pu $e faire naturellement, ni avec les interventions ordinaires : néanmoins la mort de la mère n’aurait pas été nécessairement fatale, 10 L'intervention de Ja sage- -femme aurait pu arrêter une grossesse normale. 5
La sage-femme ne fut pas condamnée pour avortement, mais pour homicide par imprudence.
Il fut donc bien reconnu qu’il y avait eu manœuvres abortives mais l’avortement n’avait pas été effectué et la femme était morte d’une toute autre maladie, contractée il est vrai à l’occasion de ces tentatives.
La justice, se basant sur le rapport eine damna la sage-femme seulement pour homicide par imprudence et non pour avortement provoqué, ;
. D’après les conclusions du rapport il y avait eu simplement blessure de l’utérus ayant occasionné la mort mais on n’avait pas trouvé trace d’avortement puisque le kyste fœtal élait intact, non rompu, et que l'embryon n'ayant
nues
nullement souffert semblait avoir vécu jusqu’ au moment de la mort de la mère. Il \ avait bien eu préméditation d’a-
vortement, mais cette préméditation n'avait pas été suivie d'exécution par suite de circonstances indépendantes de
la volonté de son auteur. La tentative d’avortement était : manifeste, mais le jury autrichien écarta ce chef d’accusa-
tion d’après les conclusions de l'expert parce que, disait celui-ci dans la circonstance présente il ne pourrait y
avoir avortement au sens propre du mot, puisque Pier : étant absolument vide Do d'un fœtus était 1 =. possible.”
Si nous comparons ce verdict avec la définition médicolégale de l'avortement criminel en France : « Expulsion ou
tentative d'expulsion prématurée et violente du produit de
conception, que celui-ci soit viable ou non viable, mort ou vivant », il est probable qu’il n’eût pas été admis chez nous où le code punit même la simple tentative.
D'un autre côté, le médecin autrichien se fondant sur la
vacuité de l’utérus pour affirmer qu'il ne pouvait y avoir
expulsion d’un fœtus, me paraît avoir avancé une opinion
au moins douteuse. En effet cette idée n’est pas justifiée
d’ailleurs, car il peut y avoir expulsion du fœtus en dehors des voies naturelles comme nous le verrons plus loin dans plusieurs observations où le simple cathéterisme de l'utérus absolument vide a suffi pour amener la rupture du kyste et l'expulsion de l'embryon dans le péritoine ou dans
. le tissu cellulaire du ligament large ou même dans le rec-
tum. Au sens strict du mot, il y avait donc bien dans ce
= cas tentative d’avortement criminel; les conditions en
étaient parfaitement remplies puisque le siège de la gros-
sesse n’est rs indiqué dans la définition médico-
légale française de l'avortement criminel.
Il nous semble également que dans un cas semblable le médecin légiste devrait attirer l'attention du Jury sur un
point important pouvant amener l'admission de circons:
tances atténuantes. C’est que la femme atteinte de. gros- .
‘ sesse extra-utérine ne donne presque jamais naissance à
un enfant vivant et encore grâce à une importante interven- à
tion chirurgicale. Bien rares en effet sont les observations (une trentaine environ dans la littérature médicale) où l'on a pu extraire un enfant vivant. Et de plus, un des moyens :
thérapeutiques. employés dans la grossesse. extra-utérine :
consiste à tuer le fœtus.
TE
TRAUMATISMES ET RUPTURE.
Ilest un point qui domine l’histoire de la grossesse extra- utérine, c’est la facilité avec laquelle se produit la rupture pendant les premiers mois el hot entre la quatr ième et la douzième semaine.
Cette rupture est quelquetois nee mais le plus souvent elle se produit à la suite d’un acte quelconque, parfois des plus AS AA, comme un HOME un peu brusque.
Dans une Fc de Filliter citée par Parry, la malade était morte subitement dans son lit aux côtés de son mari. Zmidgroski rapporte le fait d’une dame qui provoqua la rupture de sa grossesse anormale par l'effort qu’elle fit en suspendant sa robe dans une armoire. Dans l'observation de Wilson nous avons vu que cet auteur attribue, comme cause de la rupture, une grande part aux efforts de vomissements. Boivin et Dugès, toujours d’après Parry, signalent une rupture survenue sub coilu.
Dans les trois observations suivantes empruntées à divers : auteurs, nous trouvons successivement comme cause de la
= ho rupture, la marche, les efforts de défécation |
chute sur les pieds. :