‹ De la rupture du cœurChapitre 10 sur 34 · SYMPTOMES — DURÉE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES — DURÉE

La mort subite est pour les classiques le seul phénomène clinique qui traduise la production d'une rupture cardiaque, et de fait, il est infiniment probable qu’il en va ainsi pour nombre de cas. Donc, rien ne serait plus sommaire que cette symptomatologie, qui représente la mort la plus subite qu’il soit possible d’imaginer.

M. Jaccoud résume cette symptomatologie en ces termes :

« Dans quelques cas, la mort est réellement instantanée ; le patient tombe, il n’est plus. Dans d’autres circonstances, il éprouve une sensation de déchirure dans la région précordiale; il pousse un cri, sa face pâlit, le pouls s’efface, les battements du cœur faiblissent et cessent, la mort a lieu au

bout de quelques minutes.... Quand la rupture n’est pas complète d’emblée, la vie peut se prolonger pendant quelques heures cl même pendant quelques jours (Peacock). Indépendamment des symptômesde faiblesse croissante qui appartiennent à toutes les hémorrhagies internes graves, on observe la disparition graduelle du choc et des bruits du cœur, coïncidant avec l’augmentation croissante de la matité précordiale. Un diagnostic probable peut alors être posé. »

Cependant, quand on a suivi les malades pendant les jours qui précèdent la terminaison fatale, ou qu’on s’est tout au moins procuré des renseignements à cct égard, on se convainc facilement qu’il est facile d’établir à côté de la forme classique un deuxième groupe symptomatique où trouvent place des prodromes d’une grande valeur.

En un mot, avant la syncope mortelle qui, elle, ne fait jamais défaut, on peut assisler à une évolution des plus intéressantes quoique de nature contingente. C’est Barth qui, tout d’abord, eut quelque notion des faits que l’un de nous devait compléter plus tard en les mettant en lumière. En 1886, en effet, M. Albert Robln 1 décrivait ce qu’il a appelé la période clinique prémonitoire de la rupture du

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