‹ De la rupture du cœurChapitre 11 sur 34 · Albert Robin. Loc. cil., p · texte numérisé non relu

Albert Robin. Loc. cil., p

cœur, en établissant sa fréquence, sa durée et les divers symptômes qui la caractérisent.

Il convient donc de commencer l’étude clinique de la rupture du cœur par la description de cette phase prodromique dont les symptômes se manifestent tantôt à longue portée, tantôt à brève échéance.

Dans le premier cas, à côté de signes semblant étrangers à la lésion myocardique, comme, par exemple, les hématémèses signalées par Berne, on en trouve d’autres qui attirent déjà l’attention sur le système cardio-vasculaire. Ce sont :

1° Des vertiges qui peuvent se répéter un grand nombre de fois, et qui ont sans doute quelque rapport avec cette anémie cérébrale dont on a voulu faire la cause de la mort;

2° Des accès de dyspnée quelquefois très violents et survenant sans cause appréciable;

5° Enfin, phénomène important, des syncopes, le plus souvent répétées, et. se manifestant chez des sujets qui, d’ordinaire, n’en avaient jamais éprouvé jusque-là;

4° Mais le symptôme capital, qui domine et caractérise dans la règle la phase prodromique, c’est l'angine de poitrine. Tantôt il s’agit de la douleur classique de l’hémilhorax gauche avec ou sans irradiations dans le membre inférieur du môme côté;

tantôt de sa variante épigastrique' dont tarit d’auteurs, même parmi les anciens, ont fait mention et à laquelle nous serions disposés à attribuer une assez grande valeur diagnostique. Un signe qui parait très particulier lui aussi, à la rupture du cœur, c’est la douleur d'épaule associée ou non à l’angor, douleur persistante, exaspérée par les mouvements du bras gauche, et donnant l’impression d’une algie rhumatoïde1 2. Cette douleur offre ce caractère typique d’être continue, d’être exaspérée par les mouvements du bras, et de subir, par instants, des exacerbations qui donnent au malade une sensation d’évanouissement, sans qu’on puisse déterminer leur motif réel. Dans d’autres cas, la douleur commence par la région sous-claviculaire, puis elle gagne l'articulation de l’épaule et le bras cor respondant.

Quoi qu’il en soit, ces divers symptômes, angineux ou non, se répètent à des intervalles d’autant plus rapprochés que la terminaison mortelle est plus voisine, mais en présentant des moments d'accalmie sur lesquels l’un de nous a beaucoup insisté et qui sont bien spéciaux à la cardiorrhexie. Nous disons à dessein « accalmie », car, une

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