‹ De la rupture du cœurChapitre 24 sur 34 · RUPTURE DES VEINES CORONAIRES · texte numérisé non relu

RUPTURE DES VEINES CORONAIRES

Nous n’avons pu rassembler que trois cas de cette lésion très rare. Deux sont tirés du travail

d’ÀRAN déjà cité1 2, l’autre a déjà été publié par Albert Robin *'

Ces trois cas sont tous dissemblables. Deux fois il s’est agi de la rupture d’une branche coronaire, une fois (Obs. 12) de la rupture de la grande veine cardiaque. Dans une observation, le ventricule gauche, lui aussi, avait cédé.

Nous n’essayerons pas de tenter la moindre esquisse symptomatologique, puisque nos documents ne sont pas comparables. Mais nous profiterons des deux faits où la mort n’a pas été subite pour saisir sur le vif certains signes de l’hémopéricarde progressif, qui sont rarement observés et observables.

1. Relevons les particularités intéressantes de ces deux cas :

a) Cas éPAlbers (de Bonn). Homme de quarante-huit ans, soutirant depuis longtemps d’oppression et de toux. Mort subite. Ilémopéricarde. Ectasie veineuse généralisée. Une des veines amincie et rompue. Cœur petit et graisseux.

b) Cas de Mac Lacan. Femme de soixante-quinze ans bien portante. Syncope subite, puis retour de la connaissance (avec pâleur, refroidissement des extrémités, etc.). Pas de douleur, mais sentiment de gêne intra-thoracique. Mort une heure après avec une respiration faible, mais régulière, et une augmentation considérable de la matité précordiale. Autopsie. Hémopéricarde de dix onces. Deux ruptures du ventricule gauche, dont l’une communiquant avec une des veines coronaires.

2. Albert Robin. Société médicale des hôpitaux, 1885, et Clinique et thérapeutique médicales. Paris, 1887.

RUPTURE I)U CŒUR

Ainsi notons dans /’ observation de Maclagan : le début brusque par syncope; puis le retour à la connaissance (probablement par arrêt de l’hémorrhagie sous l’influence du raplus subit), enfin l’augmentation progressive de la matité précordiale, coïncidant avec des signes d’anémie de plus en plus marqués et l’intégrité du rythme respiratoire.

Malheureusement l’effraction concomitante de la paroi cardiaque ôte beaucoup d’intérôt à la portée de ce fait.

Dans notre observation XII, au contraire, la pureté de la lésion lui donne toute la valeur d’une expérience bien faite.

Voici du reste ce qu’ÂLBERT Hobix faisait remarquer à propos de ce cas unique jusqu’à présent dans la science :

« Je n’insisterai pas sur l’affection cardiaque génératrice : elle était de vieille date, d’origine rhumatismale, et présentait celle rare coïncidence d’une endocardite tricuspidienne et mitrale. C'est aux conditions nouvelles créées dans la circulation intra-cardiaque par cette endocardite ayant abouti a une double insuffisance que j’attribue la dilatation comme variqueuse de la veine coronaire, qui s’est ulcérée et rompue ainsi qu’il arrive aux varices des membres.

Au moment de la rupture, quand une petite quan-

RUPTURE DU CIEUR.

lité (le sang s’est brusquement épanchée clans le péricarde, il y a un accès d’orthopnée subite, avec extinction de la voix et refroidissement des extrémités. En même temps, le malade perçoit au niveau du cœur une vive douleur qui s’irradie clans le dos et s’accompagne d’une sensation de plénitude et de battement. La face reflète une profonde angoisse; la pupille se dilate.

Le cœur se met à battre avec une incroyable énergie: tout le côté gauche de la poitrine est soulevé en masse par des palpitations tumultueuses coupées de nombreux faux pas. Le pouls faible et fuyant monte à 200 et devient incomptable.

A l’auscultation du cœur, on perçoit des bruits singuliers, dont le maximum est à la pointe et qu’on ne saurait mieux comparer qu’à un clapotement qui semble plus lent que les bruits valvulaires et se passerait, par conséquent, en dehors du cœur.

Et tout s’aggrave peu à peu ; la figure devient cireuse, le bruit de clapotement s’atténue puis disparaît, les battements se précipitent et s’affaiblissent, et la mort survient en huit heures.

Tel est, au moins, l’ensemble symptomatologique présentii par la malade qui nous fournit un tableau très complet des symptômes de l’épanchement progressif du sang dans le péricarde. Cette symptomatologie si particulière diffère en tous points de

CO

celle que nous avons attribuée plus haut à la rupture du cœur; elle nous confirme encore que, dans celte dernière, les phénomènes douloureux qui dominent la scène sont bien dus à la déchirure même des libres cardiaques, puisque l’épanchement sanguin dans le péricarde se manifeste par des caractères d’un tout autre ordre. »

Tableau des principaux cas de ruptures spontanées du mentionnées par les auteurs.

RUPTURE I)U CŒUR

ssunidnu 3d

Page 1