ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET PATHOGÉNIE
(A). — ÉTÜDE MACROSCOPIQUE
Avant d'aborder l’étude des diverses particularités anatomiques de la rupture du cœur au point où celle-ci s’est produite, étude d’où doit nécessairement découler la pathogénie, il convient de décrire les apparences observées à l’autopsie dans un cas type de rupture complète.
Croveilhier, dans son Atlas, regrette qu’on n’ait jamais pratiqué sur le cadavre la percussion de la région précordiale et croit qu’en pareille occurrence celle-ci révélerait à coup sûr de la matité. Cette recherche a été faite depuis lors et a donné le résultat prévu.
Quoi qu’il en soit, lorsqu’on a ouvert le thorax, l 'aspect du péricarde est caractéristique : il apparaît noirâtre ou bleuâtre suivant les cas, distendu,
RUPTURE I)U CŒUR
sphéroïde, refoulant les poumons, en particulier le poumon gauche, et offrant avec le sternum et les côtes des rapports plus intimes et plus étendus que normalement. A son niveau, on peut reconnaître les signes d’une fluctuation manifeste. Si l’on ouvre alors la séreuse cardiaque, on la trouve remplie de sang coagulé ayant exprimé plus ou moins son sérum.
Après ablation des caillots et lavage de la surface du cœur, on y découvre une ou plusieurs déchirures de volume et d’apparence essentiellement variables.
Le cœur détaché et ouvert, on retrouve à la face interne de la cavité ventriculaire 1 intéressée une seconde perte de substance habituellement plus petite que la rupture externe et parfois difficile à apercevoir au milieu des colonnes charnues et des caillots qui la masquent.
Réunissant les deux orifices épicardiaque et endo-ardiaque se voit un trajet, direct ou non, qui, comme ceux-ci, estplongéau sein d’une infiltration hémorrhagique.
Enfin le imjocarde est en général flasque et surchargé de graisse, et ses artères nourricières offrent à un degré marqué les caractères de l’athérome.