‹ De la rupture du cœurChapitre 7 sur 34 · C) — PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

C) — PATHOGÉNIE

Nous ne discuterons pas ici les opinions des anciens qui attribuaient la rupture aux causes les plus diverses.

Barth a fait justice de cette manière de voir en établissant dans son remarquable travail l’influence prépondérante des altérations coronaires et des troubles nutritifs qui en résultent.

Ces idées, basées sur des observations macroscopiques minutieuses, ont été corroborées par tous

1. Cette hypothèse est basée sur ce qu’on observe dans tous les infarctus viscéraux ; nous avons déjà pu la vérifier à propos de l’observation de M. Letulle, à laquelle il vient d’être fait allusion.

2. Comparer nos obs. Il et XI (ruptures incomplètes) à nos obs. VIII et XIII (ruptures complètes).

RUPTURE DU CŒUR, les auteurs qui ont repris la question au môme point de vue (Lancereaijx et Beck principalement); an contraire, presque tous ceux qui ont voulu faire appel au microscope n’ont réussi qu’à obscurcir le sujet.

L’étude histologique de la cardiorrhexie ne date en effet que des études toutes récentes de Weigebt, de Huber, et surtout de Ziegler. Et encore est-il permis de regretter que sous le nom de myomalacia cordis ce dernier auteur ait réuni en une môme description, d’ailleurs bien trop courte, les lésions de la rupture et celles de la sclérose du cœur. Quelle que soit l’idée qu’on se fasse des rapports de ces deux affections, elles se montrent si souvent indépendantes l’une de l’autre qu’il est indispensable de les décrire isolément1.

C’est pour répondre à cette nécessité que nous avons repris complètement l’étude des lésions de la cardiorrhexie.

Cette étude nous autorise à formuler ainsi la pathogénie de la rupture :

l. D’autant que si l’on veut bien comparer notre description histologique de la rupture à celle que l’un de nous a donnée de la sclérose au début, ou restera convaincu que les lésions du myocarde présentent dans les deux cas des différences considérables (voir M. Nicoixe, Th. de Paris, 1890).

RUPTURE 1)U CŒUR

« La rupture reconnaît pour cause immédiate la production d'un infarctus dû à la thrombose d'une branche artérielle. »

En effet, toutes les fois que nous avons recherché cet infarctus1 ou cette thrombose, nous les avons rencontrés avec des caractères toujours identiques.

Voyons maintenant si les observations des auteurs nous permettent de généraliser le résultat de nos recherches personnelles.

Ces observations sont au nombre de 155 dont 95 doivent être éliminées tout d’abord comme ne renfermant pas de renseignements sur l’état des coronaires. Restent 62 cas. Parmi ceux-ci, 17 (c’est-àdire un peu plus du quart) indiquent l’existence de thromboses dans les artères cardiaques et viennent par conséquent confirmer notre manière de voir. Dans les 45 autres faits, les auteurs se sont bornés à constater l’athérome coronaire. Aucun ne dit expressément avoir recherché la thrombose sans l’avoir rencontrée2.

1 . Dans une série de préparations se rapportant à l’observation publiée par Peter (Semaine médicale, 1 889) , préparations que M. le Dr Lyon vient d’avoir la bonté de nous prêter, nous avons retrouvé, tant au niveau qu’au voisinage de la rupture, les lésions de l’infarctus myocardique tel que nous l'avons décrit au chapitre précédent. Notre examen histologique a donc pleinement confirmé le diagnostic macroscopique porté par Peter.

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