‹ De la sacro-coxalgieChapitre 14 sur 20 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement de la sacro-coxalgie est celui des tumeurs blanches, en général; il présente d’assez grandes analogies avec celui qui est journellement employé pour la coxalgie, mais avec quelques indications spéciales qui tiennent surtout à la différence de mobilité des deux articulations, à l’état normal.

L’expérience n’ayant pas encore prononcé dans un nombre de cas suffisant sur la valeur des moyens mis en usage dans le traitement de la sacro-coxalgie, nous nous attacherons surtout à poser les indications et à signaler les modes de traitement les plus rationnels.

Le traitement général a une importance prépondérante dans la forme la plus fréquente des arthropathies sacroiliaques, celle qui se développe chez les scrofuleux et les tuberculeux. Là, comme dans le traitement des tumeurs blanches des autres articulations, le chirurgien doit s’efforcer de combattre la diathèse, de modifierla constitution, à l’aide des moyens hygiéniques qui sont à sa disposition et du traitement interne habituel.

Les antiscrofuleux ont été conseillés par Boyer et l’huile de foie de morue, le sirop d’iodure de fer tiennent aujourd’hui la première place parmi ces médicaments. L’administration à l’intérieur du phosphate de chaux, trouvera souvent aussi son indication chez les jeunes sujets dont le développement osseux n’est pas encore terminé.

Dans les cas où l’arthropathie sacro-iliaque est liée à l’existence d’une blennorrhagie, le traitement de cette dernière affection devra être institué immédiatement. Dans l’observation de Rollet que nous reproduisons, il n’est pas question d’un autre traitement. Dans celle de M. Siredeyune thérapeutique plus active dut être instituée.

Si la connaissance de la cause qui a déterminé la sacrocoxalgie a une grande importance pour le traitement et fournit des indications spéciales, il faut, pour instituer le traitement local, tenir compte surtout de la période de la maladie.

En effet, les indications diffèrent suivant qu’on envisage la maladie

1° Tout à fait au début;

2° Alors qu’elle est confirmée;

3° Lorsque la suppuration est survenue.

1° Au début de la sacro-coxalgie, les deux phénomènes dominants, la douleur et la claudication, fournissent deux indications à remplir : combattre la douleur, tenir le malade au repos (Gosselin).

La douleur sera avantageusement combattue par l’emploi d’un Uniment chloroformé en frictions, matin et soir, sur la région douloureuse et par les injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine que l’on pratiquera de préférence le soir, dans la région de la fesse.

Le repos aussi complet que possible sera prescrit. Le malade devra être tenu au lit et, à cette période de la maladie, le décubitus dorsal suffira généralement pour assurer l’immobilisation de la symphyse.

Si, pour des raisons particulières, que nous ne prévoyons pas, le malade ne pouvait garder un repos complet au lit, la marche ne devrait être permise qu’avec l’aide de deux béquilles et en immobilisant le membre affecté avec un ban-

dage. Encore est-il facile de voir que cette précaution ne remplirait qu’ imparfaitement le but que se propose le chirurgien, à savoir l’immobilisation de la jointure.

Chez les femmes récemment accouchées, dont les symphyses ont, vers la fin de la grossesse, présenté quelques signes de relâchement, ces précautions seront rigoureusement observées. On devra les maintenir au lit pendant un temps souvent fort long, alors que l’état général n’inspire même aucune crainte et, lorsqu’elles se lèveront, on aura soin de maintenir le bassin serré à l’aide d’un bandage de corps ou d’une ceinture, pour prévenir le développement de cette variété de sacro-coxalgie que nous avons admise.

2° Lorsque la maladie est confirmée , et qu’au niveau de l’articulation on constate un empâtement et une tuméfaction caractéristiques, il faut joindre aux moyens précédents l’emploi des révulsifs et d’une immobilisation plus rigoureuse à l’aide d’appareils spéciaux.

Nous ne disons rien des antiphlogistiques, aujourd’hui généralement bannis du traitement de ces lésions articulaires dont la marche n’offre jamais, en définitive une grande acuité.

Presque tous les chirurgiens, au contraire, ont employé les révulsifs dans le traitement de la sacro-coxalgie, depuis le simple badigeonnage avec la teinture d’iode ou le vésicatoire volant jusqu’à la cautérisation avec le fer rouge.

Larrey ( Clinique chirurgicale , t. III, p. 330) recommandait les moxas appliqués sur la région malade, mais en évitant les points de la peau qui répondent à des saillies osseuses. C’est aux moxas répétés qu’à eu plusieurs fois recours avec avantage M. le Dr H. Larrey ( Thèse de Hattute).

Le cautère , appliqué avec la pâte de Vienne, produit des effets analogues, mais son action est peut-être moins immédiate.

On donne plus généralement aujourd’hui la préférence à

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