L. 1 , C. XLI
LIVRE III, CHAPITRE XXII. 177 » Si elle est longue, elle est légère et modérée, c'est honte de s'en plaindre; si elle est violente, elle est courte, et met tost fin ou à soy, ou au patient, qui revient presque tout à un. Confïde, summas non habet tempus dolor : — si gravis, brevis -, si longus , levis \ .
» Et puis c'est le corps qui endure, ce n'est pas nous qui sommes offensés, car l'offense diminue de l'excellence et perfection de la chose; et la maladie ou douleur,* tant s'en faut qu'elle diminue, qu'au rebours elle sert de subject et d'occasion à une patience louable , plus beaucoup que la santé ; et où il y a plus d'occasion de louange, il n'y a pas moins de bien. Si le corps est instrument de l'esprit, qui se plaindra quand l'instrument s'usera en servant celuy à qui il est destiné? Le corps est faict pour servir à l'esprit. Si. l'esprit s'affligeoit pour ce qui arrive au corps , l'esprit serviroit au corps. Celuy-là ne serolt-il pas trop délicat qui crieroit et hueroit, poorce que l'on.luy auroit gasté sa robbe, que quelque espine la luy au-
• « Croyez-moi, les grandes douleurs ne sont pas de longue durée : — Si elles sont violentes , elles sont courtes ; si elles sont longues, elles sont légères ». — Les derniers mots sont de Cicéron , de finib. L. II , cap. xxix. — N'oublions pas ce beau passage de Sénèque : Summi doloris inteniio invenitfinem, Nemo potest valde dolere et dîu. Sic nos amantissima nostri natura disposuit ut dulorem aut tolerabilem aui bvevem faceret. — Senec. Epist. LXXVlii.