‹ De la sagesse (volume 2)Chapitre 48 sur 164 · LIVRE III, CHAPITRE XIV. 8i · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XIV. 8i

il y a de poules chez sa mère, et cognoistre ses cousins, comprendra combien il y a eu de roys, et puis de Césars à Rome^''. « Il ne se faut pas deffier de la portée et suffisance de l'esprit; mais il le faut sçavoir bien conduire et manier.

Le troisiesme est de se porter envers luy^ et procéder de façon non austère, rude et severe, mais douce, riante, enjouée ^^. Parquoy nous condamnons icy tout à plat la coustume presque universelle de battre, fouetter, injurier, et crier après les enfans, et les tenir en grande craincte et subjection, comme il se faict aux collèges ; car elle est très inique et punissable, comme en un juge et médecin qui seroit animé et esmu de cholere contre son criminel et patient; préjudiciable et toute contraire au dessein que l'on a, qui est de les rendre amoureux et poursuyvans la vertu, sagesse, science, honnesteté. Or cette façon impérieuse et rude leur en faict venir la hayne, l'horreur et le despit; puis les effarouche et les çnteste, leur abbat et oste le courage , tellement que leur esprit n'est plus que servile, bas et esclave : aussi sontils traictés en esclaves. Parentes , ne provoceiis ad ira-

*7 Ceci est pris de Montaigne.

=* C'est ce qu'ont pensé plusieurs philosophes tant anciens que modernes. Voyez Platon , de la Républ. L. VII. —Locke , de t Education des enfans. §. 78 etsuiv-, etc.

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