‹ De la sagesseChapitre 10 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

suffisamment entendu, signifie que chascun n'y entend rien du tout : car si nous nous cognoissions bien , nous pourvoyrions bien mieux à nos affaires : nous aurions honte de nous et nostre estât, et nous rendrions bien autres que ne sommes. Qui ne cognoist ses défauts , ne se soucie de les amender ; qui ignore ses nécessités, ne se soucie d'y pourvoir; qui ne sent son mal et sa misère , n'advise point aux re'parations , et ne court aux remèdes , deprehendas te oporiet priusijuiim emendes ; sanitatis initium , sentire sibi opus esse Jctu&.,ty>.+ ° remedio ".Et voicy nostre malheur : car nous pensons toutes choses aller bien et estre en seureté : nous sommes tant contents de nous-mesmes , et ainsi doublement misérables. Socrates fut jugé le plus sage des hommes, non pour estre le plus sçavant et plus habile, ou pour avoir quelque suffisance pardessus les autres , mais pour mieux se cognoistre que les autres , en se tenant en son rang , et en faisant bien l'homme*13. Il estoitle roy des hommes, comme on dit que les borgnes sont roys parmy les aveugles , c'est à dire doublement privés de sens : car ils sont de nature foibles et misérables , et avec ce ils sont orgueilleux , et ne sentent pas leur mal. Socrates n'estoit que

11 « Il faut que tu t'observes , avant que de t'amender; le commencement de la santé, c'est de sentir qu'on a besoin de remède ».

., ,v tfe Et en.^çjçomportant eu homme.

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