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borgne : car estant, homme comme les autres , foible et misérable , il le sçavoit bien , et recognoissoit de bonne foy sa condition , se regloit et vivoit selon elle. C'est ce que vouloit dire Fauteur de toute vérité' à ceux qui, pleins de presumption, par mocquerie luy ayant dict, nous sommes donc, à ton dire, aveugles? Si vous Testiez , dict- il , c'est à dire le pensiez estre , vous y verriez ; mais pource que vous pensez bien y voir, vous demeurez du tout aveugles13: car ceux .m /qui voyent à leur opinion sont aveugles en vérité' ; et qui sont aveugles à leur opinion, ils voyent. C'est une misérable folie à l'homme de se faire beste pour ne se cognoistre pas bien homme, horno enirn. cum sis, idfac semper intelligas l4. Plusieurs grands, pour leur servir de bride et de règle , ont ordonne' qu'on leur sonnast souvent aux oreilles qu'ils estoient hommes. O le bel estude, s'il leur entroit dedans le cœur comme il frappe à leur oreille ! Le mot des Athéniens à Pompeius le Grand : Autant es-tu dieu comme tu te recognois homme , n'estoitpas trop mal dict : au moins c'est estre homme excellent, que de se bien cognoistre homme.
La cognoissance de soy (chose très difficile et rare , comme se mesconter et tromper très facile) ne s'ac-
l3 Joann. Evangel. C. IX, v. 4-i.
'4- « Car, puisque tu es homme, fais toujours eu sorte de bien comprendre ce qu'est l'homme ». 7mm*%- tM*2 J™*'
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