LIVRE I, CHAPITRE XXVII. i8i
ne veust point de liberté' indécente ; il ne faut pas qu'elle tourne son courage contre soy, ny que le mal d'autruy la puisse troubler : le sage doibt aussi bien supporter les vices des meschans sans cholere, que leur prospérité sans envie. Il faut qu'il endure les indiscrétions des téméraires avec la mesme patience que le médecin faict les injures du phrenetique. Il n'y a pas plus grande sagesse, ny plus utile au monde, que d'endurer la folie d'autruy; car autrement il nous arrive que pour ne la vouloir pas endurer nous la faisons nostre. Cecy qui a esté dict si au long de la cholere, convient aussi aux passions suivantes, hayne, envie, vengeance, qui sont choleres formées.
Advis et remèdes particuliers contre ce mal sont liv. III, chapitre XXXI.