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CHAPITRE XXVII

Hayne.

Sommaiive. — La haine est une passion qui nous met en la puissance de ceux que nous haïssons , puisque leur vue nous tourmente , nous agite sans cesse.» — Elle fait bien plus de mal à celui qui réprouve , qu'à celui qui en est l'objet.

IIAYNE est une estrange passion qui nous trouble estrangement et sans raison : et qu'y a-t-il au monde

* C'est le vingt-huitième de la première édition.

qui nous tourmente plus que cela ? Par cette passion nous mettons en la puissance de ce que nous hayssons, de nous affliger et vexer; la veue nous en esmeut les sens, la souvenance nous en agite l'esprit,' et veillant et donnant. Nous nous le représentons avec un despit et grincement de dents, qui nous met hors de nous, et nous deschire le cueur, et par ce moyen recevons en nous-mesmes la peine' du mal que nous voulons à autruy : celuy qui hayt est patient ; le hay est agent, au rebours du son des mots : le hayneur ' est en tourment, le hay est à son aise. Mais que hayssons-nous ? les hommes, les affaires ? Certes, nous ne hayssons rien de ce que nous debvons; car s'il y a quelque chose à hayr en ce monde , c'est la hayne mesme , et semblables passions contraires à ce qui doit commander en nous : il n'y a au monde que cela de mal pour nous.

Advis particuliers contre ce mal sont liv. III, chap. XXXII.

1 Le haïsseur.

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