‹ De la sagesseChapitre 160 sur 280 · LIVRE I, CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE XXXIX

rent in spiriiu et veritate 33. Et certes c'est un des plus beaux effects et fruicts de la chrestienté après l'abolition des idoles. Dont Julien l'Empereur son ennemi capital, comme en despit d'elle en faisoit plus que jamais autre n'en fist au monde, taschant de les remettre sus avec l'idolâtrie. Parquoy laissons les là , voyons les autres pièces principales de la religion. Les sacremens en matière vile et commune de pain , vin , huile , eau , et en action externe de mesmes , ne sont-ce pas tesmoignages de nostre pouvreté et bassesse ? La pénitence , remède universel à nos maladies, est chose de soy toute honteuse, foible, voire mauvaise, car le repentir, la tristesse, et affliction d'esprit est mal. Le jurement qu'est-ce qu'un symptôme et marque honteuse de la méfiance, infidélité, ignorance , impuissance humaine , et en celuy qui l'exige, et en celuy qui le rend , et en celuy qui l'ordonne , quod amplius est , a malo est11*. Voilà comment la religion guarit et remédie à nos maux par moyens non-seulement petits et foibles, ainsi le requérant nostre foiblesse, stulta et infirma mundi elegit Deusi5 : mais qui ne sont aucunement de valeur, ny sont bons

33 « Le père ne cherche pas de tels serviteurs , mais des serviteurs qui l'adorent en esprit et en vérité ». lY. «tr Jf" 7<*k; T^r 23,

3^ « Et ajoutez à cela qu'il a sa source dans la mauvaise foi ». ft Jl*H.t Vt 3/.

35 « Dieu a choisi ce qu'il y a d'insensé et de faible selon le monde ». ire. Ep. de S. Paul aux Corinth. chap. I, v. 27.

en soy, mais bons en ce qu'ils servent et sont employée contre le mal, comme les médecins : ils destruisent leur autheur, sont causés par le mal, et chassent le mal : ce sont biens comme les gibbets et les roues en une republique ; comme l'esternuement et autres descharges venans de mauvaises causes et remèdes à icelles. Bref, ce sont biens tels qu'il seroit beaucoup meilleur qu'il n'y en eust jamais eu, comme aussi n'y en eust-il jamais eu, si l'homme eust este' sage, et se fust préservé en Testât au quel Dieu l'avoit mis , et n'y en aura plus sitost qu'il sera délivré de cette captivité pour arriver à sa perfection.

Tout ce *36 dessus monstre combien est grande la foiblesse humaine au bien, en police, justice, vérité, religion envers Dieu, mais qui est plus estrange , elle est aussi très grande au mal : car l'homme voulant estre meschant, encores ne le peust-il estre du tout et n'y laisser rien à faire : il y a tousjours quelque remous et craintive considération qui ramollit et relasche la volonté, et reserve encores quelque chose à faire : ce qui a causé à plusieurs leur ruine, bien qu'ils eussent là dessus projette leur salut. C'est foiblesse et sottise, dont est venu le proverbe à leurs dépens, au'il ne faut jamais folier**1 à demy. Mot dit par jugement, mais qui peust avoir et bon et mauvais

*36 Tout ce qui est dit ci-dessus.

*37 Faire le fol.

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