LIVRE I, CHAPITRE XLII. 3oï
sont gens qui ont la mémoire pleine du sçavoir d'autruy, et n'ont rien de propre. Leur jugement, volonté, conscience, n'en valent rien mieux; mal habiles, peu sages et prudents; tellement qu'il semble que la science ne leur serve que de les rendre plus sots, mais encore plus arrogants, caquetteurs 4 1 : ravallent leur esprit et abâtardissent leur entendement , mais enilent leur mémoire. Icy sied bien la misère que nous venons de mettre la dernière en celles de l'entendement.
^7 Montaigne n'en parle pas mieux dans le chap. xxiv du Liv. I des Essais.