‹ De la sagesseChapitre 7 sur 280 · ET PRÉFACE A TOUT CE LIVRE · texte numérisé non relu

ET PRÉFACE A TOUT CE LIVRE

Exhortation à s'estudicT et cognoistre.

Sommaire. — La connaissance de soi-même est la première de toutes les connaissances. Elle est nécessaire à tout le monde. 11 n'est point de route plus facile et plus prompte pour s'élever à la connaissance de Dieu. — C'est la meilleure disposition à la Sagesse. — Difficulté qu'on éprouve à s'étudier soi-même et à se bien connaître. — Sujet et division du premier livre.

Exemples : Inscription du temple d'Apollon. — - Socrate. — Pompée et les Athéniens.

J jE plus excellent et divin conseil , le meilleur et le plus utile adverrissement de tous , mais le plus mal

y DE LA SAGESSE,

pratiqué, est de s'estudier et apprendre à se cognoistre : c'est le fondement de sagesse et acheminement à tout bien : folie non pareille que d'estre attentif et diligent à cognoistre. toutes autres choses plustost que soy-mesme : la vraye science et le vray estude de l'homme , c'est l'homme.

Dieu, nature, les sages, et tout le monde presche l'homme et l'exhorte de fait et de parole à s'estudier et cognoistre. Dieu éternellement et sans cesse se regarde, se considère et se cognoist. Le monde a toutes «es vues contrainctes au dedans , et ses yeux ouverts à se voir et regarder. Autant est oblige' et tenu l'homme de s'estudier et cognoistre, comme il luy est naturel de penser, et il est proche à soy-mesme*1. Nature taille à tous cette besogne. Le méditer et entretenir ses pensées est chose sur toutes facile , ordinaire ? naturelle, la pasture, l'entretien, la vie de l'esprit, cujus viçere est cogitare2. Or, par où commencera, et puis coritinuera-t-il à méditer, à s'entretenir plus justement et naturellement que par soy-mesme ? Y a-t-il chose qui lui touche de plus près ? Certes , aller ailleurs et s'oublier est chose dénaturée et très injuste. C'est à chascun sa vraye et principale vacation , que

** Et comme chose qui le touche de près. *~iit* IxtAt.) VJ5« 2 «Pour l'esprit, penser c'est vivre »?-— Aristote avait dit à peu près dans le même sens : vita est mentis actio. Metaphys. L. xi , c. 9.

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