‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 107 sur 245 · II. l · texte numérisé non relu

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t94 ^^ ^^ SAGESSE,

Il n'y a rien de plus grand en ce monde que l'authorité , qui est une image de Dieu , un messager du ciel : si elle est souveraine , elle s'appelle majesté ; si subalterne, authorité, et se soustient de deux choses, admiration et crainte meslées ensemble. Or cette majesté et authorité est premièrement et proprement en la personne du souverain, du prince et législateur, où elle est vive , agente et mouvante ; puis en ses commandemens et ordonnances, c'est à dire en la loy, qui est le chef-d'œuvre du prince , et l'image de la majesté vive et originelle ^. Par icelle sont réduits , contraints et guidés les fols. Voylà de quel poids , nécessité , utilité est l'authorité et la loy au monde.

La prochaine et plus pareille authorité à la loy, est la coustume, qui est une autre puissante et impérieuse maistresse ; elle empiète et usurpe cette puissance traistreusement et violemment , car elle plante peu à peu ,

Maïs d*un sage orateur si la vue imposante Dans Pardeur du tumulte à leurs yeux se présente , On se taît) on ëcoute, et ses discours vainqueurs Gouvernent les esprits et subjuguent les cœurs.

ViRG. Énéid. L. I, V. iSa. (Trad. de Delille.) ^ Démostliène appelle les lois une convention du corps du peuple. Orat. 1 , adversus Aristogiton. — Aristote lui donne le même nom :Et omninb ipsa lex pactum quoddam est, Rhet. L. I , cap. xv. — Il dit encore ailleurs : etenim Icx , ut ilà cUxerirn , oratio quœdam est quœ communl civitatis consensu definita , jubet quo pacto unumquodque agendum sit. Rhet. ad Alex, cap. i. — N.

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