LIVRE II, CHAPITRE I
ensemble '^. La sagesse est un maniement relglé de nostre ame avec mesure et proportion : c'est une equabilité et une douce harmonie de nos jugemens , volontés , mceurs , une santé constante de nostre esprit : et les passions au rebours ne sont que bonds et volées , accès et -recès fiévreux de folie , saillies et mouvemens violens et téméraires.
Nous avons assez despeinct les passions au livre précèdent , pour les avoir en horreur : les remèdes et moyens de s'en défaire et les vaincre, généraux (car les particuliers contre chascune , seront au troisiesme livre, en la vertu de force et tempérance), sont plusieurs et differens , bons et mauvais ; et c'est sans compter cette bonté et félicité de nature , si bien attrempée^^^et assaisonnée, qui nous rend calmes, sereins , exempts et nets de passions fortes et mouvemens violens, et nous tient en belle assiette, equable, unis, fermes et asseurés contre l'effort des passions, chose très rare. Cecy n'est pas remède contre le mal ; c'est exemption de mal, et la santé mesme : mais des remèdes contre icelles nous en pouvons remarquer quatre.
Le premier, impropre et nullement louable, est une stupidité et insensibilité à ne sentir et n'appre-
'^ Il y a une sentence de Publîus Sjnis , qui dît à peuprès la même chose : amare et sapere vix Deo concedùur, '^ Façonnée, disposée. Çlrtsùfé^ ^ atten^erata).