II
hender point les choses, une apathie bestiale des âmes basses et plattes du tout, ou bien qui ont Tapprehension toute emoussée , une ladrerie spirituelle , qui semble avoir quelque air de santé, mais ce ne Test pas : car il n'y peust avoir sagesse et constance où n'y a point de cognoissance , de sentiment et d'affaires, et ainsi c'est complexion et non vertu. C'est ne sentir pas le mal , et non le guérir : neantmoins cet estât est beaucoup moins mauvais que le cognoistre , sentir , et se laisser gourmander et vaincre :
.... Praetalerim delinis înersque videri , Dum mea délectent mala me, vel denique faUant , Qaam sapere et ringî« . . . '^
Le second remède ne vaut gueres mieux que le mal mesme , toutes fois le plus en usage ; c'est quand l'on vainc et l'on estouffe une passion par une autre passion plus forte ; car jamais les passions ne sont en égale balance. Il y en a tousjours quelqu'une (comme aux humeurs du corps) qui prédomine, qui régente et gourmande les autres. Et nous attribuons souvent très faulsement à la vertu et sagesse ce à quoy elle n'a pas pensé, et qui vient de passion : mais c'est
'^ « J'aimerais mieux paraître idiot , insensé , si je me com* plaisais dans ma situation , ou si je ne m^en apercevais pas , que d'être sage et d'enrager ». — L'auteur a supprimé du premier vers le mot scriptor ^ ce qui donne à la citation le sens qu'il voulait.