‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 143 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XI

lieux délicieux , voye à tous biens , une réservée à la résurrection. La ferme créance et espérance de ces choses est incompatible avec la crainte et Tennuy de la mort : elle induict plustost à s'ennuyer icy, et désirer la mort : vitam habere in patientia , et mortem in desidetio ^*, d'avoir la vie en affliction , et la mort en affection : le vivre leur est corvée , et le mourir soulas ; dont leurs vœux et leurs voix sont , cupio dissolvi : mihi mon lucrum : — quis me liberabit de corpore mords httfiis^^? Dont bien justement a esté reproché aux philosophes et chrestiens (ce qui est h entendre des lasches et trop foibles , non de tous) , qu'ils sont des affirônteurs et mocqueurs publics , et ne croyent pas en vérité ce qu'ils disent , tant haut loûans , et preschans de l'immortalité bienheureuse, et tant de délices en la vie seconde , puisqu'ils palissent et redoutent si fort la mort, passage et traject nécessaires pour y aller.

La cinquiesme et extresme , c'est l'exécution de la précédente, qui est se donner la mort. Cette^cy semble bien venir de vertu et grandeur de courage, ayant esté anciennement practiquée par les plus grands et plus excellens hommes et femmes de toute natiofi et

7^ La traduction suit immédiateineDt. -

7^ (c Je désire que toutes les parties de mon être se disjoignent. La mort est un avantage pour moi. — Qui me délivrera de ce corps de mort? ». Epist. ad Philippenses , cap. i , V. 23 , 21. — Ad Homnhos, cap. vu , v, 24.

religion, Grecs, Romains, Egyptiens, Perses, Medois. Gaulois, Indois, Philosophes de toutes sectes; Juifs, tesmoin ce bon vieillard Raziàs, homme le père des Juifs, pour sa vertu '^\ et ces femmes, lesquelles sous Antiochus , après avoir circoncis leurs enfans , s^allaient précipiter quant et eux : chrestiens, tesmoin ces deux sainctes canonisées, Pélagie et Sophronia, dont la première, avec sa mère et ses sœurs, se précipita dedans la rivière, et cette-cy se tua d'un cousteau, pour esviter la force *^* de Maxentius, empereur ^' : voire par des peuples et communes toutes entières, comme de Capone en Italie, Astupa *^% Numance en Espagne, assiégées par les Romains ^'; des Abydéens pressés par Philippe *^; une ville aux Indes assiégée par Alexandre ^^ : mais

,77 Voyez dans les Machabées^^ L. II, chap. Xiv, v. 37 et suîvans , rhistoîre de la iport de ce vieillard. '

*7* La violence.

79 Voyez, au sujet de la première de ces femmes, Saînt- Ambroise, De virginit L. III ; et sur la seconde , Ruffin, hist. Ecoles, Lîb. VHI , cap. xvu ; Eusèbe , hist. Eccles. L. VllI, cap. XIV.

^ Ce nom est ussi écrit Astupa dans la première édition. Mais c^est Astapa quHl faut lire : il u^ a jamais eu de ville nommée Astupa dans Tancienne Espagne , tandis que nous avons des médailles à^ Astapa,

«« Voyez Tit.-Lîv., L.XXVIIl, cap.xxiii.

»• Ibid. L. XXXI , cap. xvii et xvni.

M Voyez Oiodore de Sicile , L. XVII , ch, xvm.

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