LIVRE m, CHAPITRE I
tant pour les personnes qae pour les affaires, qui est plustost de degrés que d'espèces ; sçavoir prudence propre, par laquelle on est sage, et prend-on advîs de soy-mesmè : l'autre empruntée , par laquelle l'on suyt le conseil d'autruy. U y a deux sortes et degrés de sages, disent tous les sages *'. « Le premier et souverain est de ceux qui voyent clair par tout , et sçavent d'eux-mesmes trouver les remèdes et expediens ; où sont ceux-là ? O chose rare et singulière ! L'autre est de ceux qui sçavent prendre, suyvre et se prévaloir des bons advis d'autruy; car ceux qui ne sçavent donner ny prendre conseil, sont sots. »
Les advis généraux et communs, qui conviennent à toute sorte de prudence , toutes sortes de personnes et d'affaires, ont esté touchés et briefvement déduits au livre précèdent ^', et sont huit; i. cognoissance
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Ces sages sont : Hésiode , Cîcéron , Tite-Lîve. Voici la traduction latine de deux vers d^ Hésiode , dans son poème des Œuvres et des Jours, L. I, y. 291 :
Laudatissimus , ipsius est çuicuncta videbit; Sed laudandus et is çuiparet recta fnonenti.
Cîcéron ( oral, pro Cluentio) s^exprimc ainsi : SapierUissimum esse dicunt eur^ , oui quod opus sit , ipsi veniat in nieniem iproximk accedere illum, qui alterius benè inventis obtemperet.
Charron a traduit ce que dit Tite-Live ,à ce sujet (L. XXII ,
cap. XXIX ) , dans les phrases du texte de ce paragraphe , que
î^ai placées entre des guillemets.
»^ Chap. X.