‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 16 sur 245 · LIVRE 11, CHAPITRE II. aS · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE II. aS

Socrates. — Les prêtres Egyptiens. — Les Chaldëens. — Sais. — Athènes. — Zoroastre. — Platon, — Tibère , qui s'écriait : o homines ad servilutem naii !

^L'autre disposition à la sagesse, qui suit cette première (qui nous a mis hors cette captivité et confusion externe et interne , populaire et passionnée)

* Variantes, L'autre disposition à la sagesse , qui suit cette première (qui nous a mis hors cette captivité et confusion externe et interne , populaire et passionnée) , c'est une pleine , entière et généreuse liberté d'esprit , qui est double , sçavoir de jugement et de volonté. Pour la première du jugement, nous avons ja assez monstre que c'est foiblesse et sottise niaise de se laisser meiner comme bufles, croire et recevoir toutes impressions ; que les ayant receues s'y opiniastrer, condamner le contraire , c'est folie , présomption ; persuader et induire autruy , c'est rage et injuste tyrannie. Maintenant nous disons et donnons pour une belle et des premières leçons de sagesse , retenir en surseance son jugement , c'est-à-dire soustenir , contenir et arr ester son esprit dedans les barrières de la considération et action d'examiner , juger , poiser toutes choses (c'est sa vraye vie , son exercice perpétuel) , sans s'obliger ou s'engager à opinion aucune , sans resouldre ou déterminer , ny se coiffer ou espouser aucune chose. Cecy ne touche point les vérités divines que la sagesse étemelle nous a révélées , qu'il ùut recevoir avec toute humilité et submission , croire et adorer tout simplement : ny aussi les actions externes et communes de la vie , l'observance des loix , cous-

c^est une pleine, entière, généreuse, et seigneuriale liberté d^esprit, qui est double, sçavoir de jugement et de la volonté*

iamei, et ce qui est en usage ordinaire; non enim Deus isia êcire , »ed lantummodo uti voluU : car en toutes ces choses il 0e faut accorder et accommoder avec le commun ; ne rien gaiter ou remuer. 11 en faut rendre compte à autruj ; mais les pensées , opinions , jugemens , sont tous nostres et libres. Or cecy est premièrement se maintenir à soy et en liberté : Hoc liben'ores et solutiores sianus , (/nia nobis intégra judicandi potestas manet. C^est garder modestie et recognoistre de bonne foy la condition humaine pleine d^ignorance , fôibleste , incertitude : Cogitationes mortaiium tinùdœ; incertœ ad inventiones nostrœ et pros^identiœ : Deus noyait coffta^ tiones hominum tfuoniam vanœ sunt. C'est aussi esviter plusieurs escueils et dangers , comme sont participer à plusieurs erreurs produictes par la fantaisie humaine , et dont tout le monde est plein : estre puis contrainct de se desmentir et desdirc sa créance. Car combien de fois le temps nous a-t-il (aicl voir que nous nous estions trompés et mescomptés en nos pensées , et nous a forcés de changer d'opinion ! C'est aussi s'infrasquer (a) en querelles , divisions , *3isputes ; offenser plusieurs partis : car prenons le plus (ameux party et la plus reçue opinion qui soit , encore (audra-i-il attaquer et combattre plusieurs autres partis. Or cette surseance de jugeaient nous met à Tabry de tous ces inconveniens. C'est aussi ac tenir ea repos et tranquillité loin des agitations et des vices i|«i viennent <le l'impression , de Topinion et soeacc qae nous pensons avoir des choses* Car de Ui ^'iennenl ro^gveil y l*avn*

(#) S*tmbarr«$)er) sVmbrottillcf.

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