LIVRE III, CHAPITRE IL
éviter avec les paîssances faibles. 11 y a tout à gagner d^ua côté , et rien de Tautre. Les alliances ne doivent pas être perpétuelles , si les contractans ont des intérêts semblables : il vaut mieux les renouveler , lorsque le terme en est arrivé.
Exemples : Cyrus; — Lactance ; — Cicéron ; — Aristote ;
— Saint-Basile; — Isidore; — Cicéron ; — Salluste; — les empereurs Claude et Marc- Aurèle ; — Camille ; — Flaroînîus ; — Paul-Emile ; — les Scipions ; — Lucullus et César; — les Romains ; — Darius ; — Tibère ; — Trajan ;
— David ; — les Perses ; — les Grecs ; — les Romains.
LiK première chose requise avant toute œuvre, est la cognoissance de Testât : car la première reigle de toute prudence est en la cognoissance , comme a esté dict au livre précèdent. Le premier en toutes choses est sçavoir à qui Ton a affaire. Parquoy d^ autant que cette prudence régente et modératrice des estats, qui est une adresse et suffisance de gouverner en public, est chose relative qui se manie et traicte entre les souverains et les subjects : le debvoir et office premier d'icelle, est en. la cognoissance des deux parties, sçavoir des peuples et de la souveraineté, c'est à, dire de Testât. Il faut donc premièrement bien cognoistre les humeurs et naturels des peuples. Cette cognoissance façonne et donne advis à celuy qui les doibt gouverner. Le naturel du peuple en gênerai a esté depeinct au long au premier livre ^ ( léger, inconstant, mutin ,
' Chap. L.
asseurës , que leurs subjécts sont plus meschans * : à cause, dîsent-îls, qu'ils en sont plus propres et plus nais à la servitude et au joug, palieniiores serviiuiis, quos non decet esse nisi serves * ; car au rebours les meschans supportent impatiemment le joug : et les bons et débonnaires craignent beaucoup plus qu'ils ne sont à Craindre : Pessimus puisque aspenimè rectùtem patitur '** :
Contra facile imperîtim în bonos^'.
quimeiuentes magie quàin metuendi '*. Or le moyen très puissant pour les induire et former à la vertu , c'est l'exemple du prince ; car comme l'expérience le monstre, tous se moulent au patron et modèle du prince. La raison est que l'exemple presse plus que la loy *'.
^ Sallust. De Rep» ordinand, ad Cœsar, ; vers le commencement du discours.
^ « Supportant la servitude plus patiemment qu^ii ne convient à des hommes, à moins qu'ils ne soient esclaves ». Pline , Paneg, chap. XLV.
'** « Ce que craint le plus un méchant, c'est d'avoir un mattre ». Sallust. ad. Cœsar. de Rep. ordin. orat. I. initio ferè.
" « Il est au contraire bien facile de commander aux bons». Plante, m Milit. act. III, se. l, v. 17.
'^ « Qui craignent plus qu'ils ne sont à craindre » . Sallust. Bellum Jug. cap. xx.
»3 Urget efficaciUs quam ipsœ leges, Just. Lîps. Poiitîc li. II , cap. IX.