LIVRE III, CHAPITRE III
outrage on usnrpation , et après avoir redemande clairement par héraut exprès ce qui a esté prlns (post clar^alum ^* ) et recherché la voje de ta justice, qui doiht tousjours aller U première. Car si ron y veust entendre, et se souhmestre à la raison, faut s'arrester: sinon , le dernier et par ainsi nécessaire est juste et permis, jusluin belluin, ifaibus necessartuin; pîa arma tfuîbus nuUa nisi in armîs reUnqmiur spes '^.
3. A une honne fin, sçavoir la paix et le repos '*, sapienies pacis causa bellum gérant, et laborein spe oli! suslenlait : ut in pace sine injariâ vivant ^ ^ .
Après la justice , vient U prudence, qui fait meurement délibérer avant que corner la guerre. Dont pour ne s'j eschaufTer pas tant, et se garder de te- ' mérité, il est hon de penser à ces poincts: i. Aux
7« •< Après décbration »- Pline, L. XXII , c. il. Voy. sur le mot Clarigatus , Servius sur l'Enéide , L. IX , et Grotios , L. m , c. 111, note a. Ce mot est rendu, dix lignes plus bas, |iar corner la guerre i il signifie littéralement la déclarer ^ son de trompe, de clairon.
1^ •< Toute guerra nécessaire est juste ; et les dîeui approuvent qu'on prCDoe Us anneg , qnand îl n'y a d'autre espoir de calut que dans la guerre >. Til-Liv. L. IX , cap. i,
T^ IHutarque appelle la paix et le repos , le but de tout sage gouvemcmeut. Voy. Fie de Phocion.
77 » Les sages ne font la guerre que pour obtenir la paii , ne supportent les fatigues que dans l'espoir du repos, que pour vivre dans un honorable loisir ". Sallutt. ad Ceesar.
forces et moyens, tant siens que de son ennemi. 2. Au hazard et dangereuse révolution des choses humaines, spécialement des armes, qui sont journalières ^^, et ausquelles la fortune a plus de crédit, et exerce plus son empire, qu^en toute autre chose, dont rissue peust estre telle, 'qu'en une heure elle empor* tera tout, simul parla ac sperata décora unius horae Jortuna evertere potest ^'.
3. Aux grands maux, malheurs, et misères publiques et particulières qu'apporte nécessairement la guerre , qui sont telles , que la seule imagination est lamentable. 4- Aux calomnies , malédictions et reproches, que l'on jette et versQ sur les autheurs de la guerre , à cause des maux qui en arrivent ; car il n'y a rien plus subject aux langues et jugemens que la guerre. Mais tout tombe sur le chef, iniqmssûna bellorurrf conditio haec est , prospéra omnes sibi vendicant, adçersa uni imputantur ^^* Toutes ces choses font que
7^ Souvenez-vous que les revers de la fortune ne sont nulle part si communs qu'à la guerre , disait Nicias à un général vainqueur. Voy. Plut. Vie de Nicias,
Tout ce paragraphe de Charron est pris dans Juste-Lipse.
79 « La fortune peut, dans une heure seulement, renverser la gloire la mieux acquise , les espérances les mieux fondées ». Tit-Liv. L. XXX , cap. xxx.
^ a Telle est Textréme injustice qui règne dans les armées. Chacun s'approprie les succès ; un seul est responsable des malheurs ». Tacite, Fie d' A picola ^ chap. xxvii.