LIVRE III, CHAPITRE III
la plus juste guerre est détestable, dit S. Augustin '', et que le souverain n'y doibt entrer que par grande nécessité, coSime il est dict d'Auguste ^*: et ne se laisser gaigner à cesboutefeux et flambeaux de guerre, qui par quelque passion particulière Vy veulent eschaufFer *^ : quibus in pace durius serçitium est ^^ , — in id naii, ut nec ipsi quiescant, neque alios sinant ^^. Et sont souvent ceux, à qui le. nez saigne quand il faut venir au faict : dulce bellwn inexpertis *^. Le sage souverain se contiendra paisible, sans provoquer ny aussi craindre la guerre, sans remuer son estât et celuy d'autruy entre espérance et crainte, et venir à ces extrémités de périr ou faire périr les autres.
Le second chef de Faction militaire est à faire la guerre *^ A quoy sont requises trois choses, munitions, hommes, reigles de guerre. La première est la provision et munition de toutes choses nécessaires à
*■ Dîv. Augustin, de Civit. Dei, L. XIX, cap. vu. 8> Voy. Suétone , in Augiist, cap. xxi.
w Tit.-Liv. L. XXI , cap. x.
^ « Pour qui la paix est une fatigue insupportable ». Tacît. Armai, L. XI , cap. x.
^^ « Qui semblent nés pour ne jamais se reposer, ni permettre que les autres se reposent ». Thucyd. L. 1, c. xi.
^ » La guerre ne plaît qu'à ceux qui n'ont point fait la guerre ». Pindar. apudSlobœum, Sermo XLVIII, de JBello,
*7 Charron suit toujours Juste-Lipse. Voy. L. V , Politic, cap. VI.