II
la guerre , qui doibt estre faicte de bonne heure : car ce seroît grande imprudence d^attendre au besoin à chercher ce qu'il faut avoir tout prest,#
Diù apparandam est , ut vincas celeriùs ^.
Or de la provision requise pour le bien du prince et de Testât, ordinaire et perpétuelle en tout temps, a esté parlé en la première partie de ce chapitre qui est toute de ce subject. Les principales provisions et munitions de guerre, sont trois; i. deniers, qui sont l'esprit vital et les nerfs de la guerre, dont a este' parlé. 2. Armes , tant offensives que défensives , desquelles a esté aussi parlé ^^ ; ces deux sont ordinaires et en tout temps. 3. Vivres , sans lesquels Ton ne peust vaincre ni vivre , et est-on defaict , sans coup ferir , le soldat se desbauche , et n'en peust-on venir à bout, disciplinam non servai jejunus exercitus *** ; maïs c'est une provision extraordinaire et non perpétuelle, qui ne se faict que pour la guerre, dont i^'en a este parlé cy-dessus. Il faut donc en délibérant de la guerre faire de grands magazins de vivres, bleds, chairs salées, tant pour l'armée qjui est en campagne , que pour
^^ ((Il faut lentement s^appréter , poar vaincre plus promptement ». Publius Synis.
^9 Dâtis le précédent chapitre.
90 (( Une armée à jeun n'observe point la discipline m. Cassîod. Far, L. IV, cap. xiil.