LIVRE III, CHAPITRE III
il en advient de grands effects. Saepe parvis momeniis magni casus : — ui nihil timendi, sic nihil contemnendi ' ^ ^ •
5. S'enqaerîr fort soigneusement et sçavoir Feslaf «. et affaires de l'ennemy , spécialement ces poincts cy :
I. le naturel, la portée et les d^esseins du chef: 2. le naturel, les mœurs et manière de vivre des ennemys: 3. la situation des lieux, et le naturel du pays où Ton est. Annibal estoit excellent en cela '^^.
6. Pour le faict du combat, il faut adviser plusieurs choses , quand , où , contre qui , et comment : afEn que ce ne soit mal à propos. £t ne faut venir à cette extrémité qu^avec grande délibération : choisir plustost tout autre moyen , et chercher à rompre son ennemy par patience, et le laisser battre au temps , au lieu, au deffaut de plusieurs choses , que venir à ce hazard. Car Tissue des batailles est très incertaine et dangereuse : incerti exilas pugnararn. Mars communis, qai saepè spoUantem et jmn exultantem evertit, et percalit ab abjecto '^^.
*^3 « De grands événemens proviennent souvent de petites causes : — de même qu^il ne faut rien craindre , il ne faut rien dédaigner >». César, de Bello cwiU L. I. — Tit.-Lîv. L. VI , c. VI.
«H Voy. Tite-Live, L. XXII, c. xti.
>3^ <r L'issue des combats est incertaine. L'inconstant dieu de la guerre , renverse souvent le vainqueur qui , déjà triomphant , s'emparait des dépouilles de l'ennemi , et le frappe par la main du vaincu ». Cicéron, pro Milone y n°. Ifi. II. a 5
* 8. Il ne faut donc venir à cela que rarement, • c^est k dire en la nécessité, ou pour quelque grande ^occasion '^*: nécessité comme si les difficultés croissent de vostre part ; les vivres, tes finances défaillent; les hommes se desgoutent, et s^en vont, Ton ne peust plus gueres subsister, capienda rébus in malis praeceps via est ^^h Occasion, comme si vostre party est tout clairement plus fort; que la victoire semble vous tendre la main; que Tennemy est à présent foible, et sera bîentost plus fort, et présentera le combat ; qu'il ne s'en doubte pas, et pense que Ton soit bien loin. Il est las et recreu, il repaist, les chevaux sont en la lictiere.
9. Faut considérer le lieu ; car il est de grande conséquence aux batailles. £n gênerai ne faut point attendre, s'il se peust, que l'ennemy entre dedans vos terres. Il faut aller au devant, au moins l'arrester à la porte ; et s'il y est entré, ne bazarder point la bataille, si ce n'est que Ton aye une autre armée preste : autrement c'est jouer et mestre son estât au hazard : particulièrement considérer le champ de bataille , s'il est
* Ce devait être îcî le n». 7 des avis que donne Charron. Maïs cette faute , si c'en est une , est dans la première comme dans la seconde édition. Je Fai laissée.
«36 Nisi summa neçessitudo oui summa occasio data esL Aul.-Gell. L. XIII,c. m.
■^7 <c Dans les circonstances difficiles, il £iut prendre la Toie la plus rapide ». Sénèquc.