‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 212 sur 245 · LIVRE III, CHAPITRE III. SgS · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III. SgS

sacrifice , et à celle-cy un coq seulement *^^ ) la décision de ce grand docteur chres tien : cumjustum hélium suscipitur, ut apertè pugnet cuis y aut ex insidiis, nihil ad justitiarn interest^^K La guerre a naturellement des privilèges raisonnables au préjudice delà raison. En temps et lieu est permis de se prévaloir de la sottise des ennemys, aussi bien que de leur lascheté.

Venons au troisiesme chef de cette matière militaire, plus court et plus joyeux de tous, qui est de finir la guerre par la paix : le mot est doux, la chose plaisante, très bonne en toutes façons '^^,

Pax optîma rerum , Qaas homini novisse datum est» pax una triumphis Innumeris potior '^,

et très utile à tous partis vainqueurs et vaincus. Mais premierem^ent aux vaincus plus foibles : auxquels premiers je donne advis de demeurer armes, se monstrer asseurés et résolus. Car qui veust la paix> faut qu^il

i56 Voyez Plutarque , ^ie de Marcellus,

«s? i< Quand la cause de la guerre est juste , il importe peu que ron combatte avec franchise et loyauté , ou que l'on recoure à la ruse et aux embûches ». Augustin. Question, sup, Josue. QuesL x.

*58 Nomen dulce est, res verb ipsa cùmjucunda , tum saliUaris. Cicer. Philippica ^liv^ n°. i.

■^9 « La paix est le plus grand des biens qu'il soit donné à rhomme de connaître : une seule paix est préférable à de nombreux triomphes ». Silius Italie. L. XI , v. 594.

se tienne tout prest à la guerfe : dont a esté bien dlct que la pak se traîcte bien et heureusement soubs le bouclier"^**. Mais il faut qu'elle soithonneste et avec conditions raisonnables : autrement, combien qu^il soit dict qu'une paix fourrée*'^' est plus utile qu'une juste guerre '^*, si est-ce qu'il vaut mieux mourir librement et avec honneur, que servir honteusement'^^. Et aussi pure et franche , sans fraude et feintise ; laquelle finisse la guerre , non la diffère , pace suspecta tutius bellum ^^^ : toutesfois en la nécessite il se faut accommoder comme l'on peust Quand le pilote craint le naufrage , il fait ject pour se sauver , et souvent il succède bien de se commettre à discrétion de l'adversaire généreux : vidores , qui sunt alto anitno, — secundae res in miseraiiommexirâvertunt^^^. Auxvain-

■^ Sub clypeo meliiis succedere pacis negotium» Guillaume Neubrîgcs, HisL yéngi L. II, c. xii.

*'®' Une paix feinte et faite à dessein de se tromper mutuellement , de se porter des couj^sjburrés, '

*^* Adpacem Jwrtari ne desine , quœ , velinjusta , utilior est quàm justissîmum bellum, Cicer. L. VII , ép. ad Atticum, ép. xiv^injme,

■^^ Cum dignitate poiiiis cadendum , ifuàm cum ignonûmâ serviendum, Ciccr. Philippic, m, n®. 35.

>^4 « La guerre est plus avantageuse qu^une paix suspecte »• Tacit. Histor. L. IV, c. XLix.

«65 „ Dans la yictoire, l'ame s'élève : — les succès changent la colère en pitié ». Juste-Lipse. Polilic, L. V^ c. xix, — Sallust. Orat,Lepidt, Hbt. L. I.

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