‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 213 sur 245 · LIVRE III, CHAPITRE III. SgS · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE III. SgS

queurs, je conseille ne se rendre fort difficiles à la paix; car bien qu'elle soit peust-estre moins utile qu'aux vaincus , si l'est-elle : car la continuation de la guerre est ennuyeuse. Et Lycurgue dcffend de faire là guerre souvent à mesmes ennemys, car ils apprennent à se défFendre , et enfin à assaillir '^^. Les morsures des bestes mourantes sont mortelles :

. . Fractis rébus yiolentîor ultima virtus'^^. '

Et puis l'issue est tousjours incertaine, meliortutior-' que certa pax speraiâ victoriâ, illa in iuâ^ haec in deorum manu est *^^. Et souvent à la queue gist le venin, plus la fortune a esté favorable , plus la faut-il redouter :

. . . .Nemo se tat6 diù Peiîculis ofTerre tam crebris potest'^9 ;

Mais elle est vrayment honorable , c'est gloire ayant victoire en main de se rendre facile à la paix : c'est monstrer que l'on entreprend justement, et sagement l'on finit la guerre '^°. Et au rebours la refuser, et

i66 piutarque , F'ie de Lycurgue.

'^7 « Dans un extrême désastre^ la valeur devient extrême >». Silîus Italie. L. I , v. 56o.

»®* « Une paix certaine vaut mieux que la victoire en espérance. L'une est dans ta main; Tautre dans celle des dieux». Tit.-Lîv. L. XXX , c. xxx.

>^9 ce On ne peut impunément^ s'exposer sans cesse à de si fréquens dangers ». Senec. flerca/.^r. act. Il, se. 1, v. 326.

»7o Tit.-LiY.L.XXX,c.xvi.

qu'il arrive un mauvais succès, c^est honte. L'on dîcl la gloire Ta perdu : il refusoit la paix et vouloit Thonneur; et il a perdu tous les deux'^'. Mais faut octroyer une paix gracieuse et débonnaire , affin qu'elle soit durable : car si elle est trop rude et cruelle , à la première commodité les vaincus se révolteront : sibonam dederitis, fideun et perpetuam ; si malam , haud diuiummn '^*. Cest grandeur de monstrer autant de douceur envers les vaincus 3upplians, comme de vaillance contre Fennemy'^^. Les Romains ont très bien practiqué cecy , et s'en sont bien trouves.

'7' Pacem contemnentes et ghrîàm appetentesy pacem perdunt et ^loriam , dit Saînt-Beraard, m EpistoUs. £p. cxxvi.

■7* (c Si la paix que vous donnez est généreuse , elle sera observée de bonne foi et perpétuelle ; si elle est Vigoureuse , elle ne sera pas de longue durée v. Tit.-Lîv. L. Vlll , cap. xxi.

>73 Quantd pervicaciâ in hostem, tantâ beneficentid adversus supplices utendum, Tacit. Anrud, L. XII , cap. XX y in fine.

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