LIVRE m, CHAPITRE IV
clarer potir aucun parti ; il doit les comprimer lous. S'il faut du sang , que les chefs seuls périssent. « Les séditions viennent ordinairement d'oppression et de crainte. On les appaise en désunissantes séditieux par des promesses secrètes. . . Si les séditieux rentrent dans l'ordre, contentez-vous de leur obéissance , et ignorez tout ce que vous pouvez ignorer sans avilir l'autorité ; et surtout ne leur laissez aucun doute sur leur grâce, et sur la sécurité que vous leur promettez (2)». La tyrannie s'exerce ou par quelques hommes puissans , ou par le prince. Les tyrans sont cruels , inquiets , redoutent les gens de bien. On ne peut trop s'opposer à leurs injustes prétentions. Mais si le tyran est sur un trône, il faut obéir. La révolte le rendrait encore plus terrible , tandis que la soumission le désarme , le calme. Il est bon alors , parce qu'il ne peut pas être mauvais. Les guerres civiles sont une mer de malheurs. Là la victoire est affreuse : ce sont des parens, des amis , des concitoyens que le vainqueur a égorgés. Quiconque excite une guerre civile est bien coupable ; il doit être rayé du nombre Ats hommes. — Dans toutes ces circonstances, au milieu de ces malheurs, quelle; doit être la conduite des particuliers ? Prendront-ils part à ces troubles , ou resteront-ils neutres ? On croirait d'abord que le sage doit regarder de loin la tempête , sans s'exposer au danger. Peutêtre , en effet , le particulier obscur , qui ne peut être d'aucun secours à la chose publique, ferait-il bien de se retirer dans quelque lieu paisible où il attendrait le retour du calme. Mais les hommes capables ne doivent pas abandonner , dans la tourmente, le gouvernail du vaisseau. Il serait honteux, pour ceux-ci, de rester neutres. Par une telle conduite , d'ailleurs , on se rendrait odieux aux deux partis , et Ton finirait par être la victime de l'un qu de Tautre.
(a) Analyse raisonaëe de la Sagesse , Paris » 17^3 y p. 11 3.
4oo DE LA SAGESSE,
Exemples : Hlppomène et Atalante ; Caton ; Pfailopœmen. -— Denys , tjran de Sicile ; les Carthaginois et Hannon ; Auguste. — César Auguste ; Périclès ; Ménénius Agrippa ; Appius ; Coriolan ; Caton ; Phocion. — Caton ; les dictions de THippodrome à Constantinople; Alexandre le Grand, Archidamus. — Alexandre. — - Antipater. — Asinius PolUon ; Solon ; Caton ; Attîcus ; les Thébaîns ; Jabes Galaad ; Ce; sar et Pompée.
PREFACE
Après avoir parlé de la prudence politique requise au souverain pour bien agir et gouverner, nous voulons icy séparément parler de la prudence requise à se garder , et remédier aux affaires et accidens difficiles et dangereux, qui surviennent tant au souverain qu^aux subjects et particuliers. Premièrement ces affaires et accidens sont en grande diversité : ils sont publics ou particuliers, sont à venir et nous menacent, ou jà presens et pressans ; les uns sont seulement doubteux et ambigus , les autres sont dangereux et importans à cause de la violence. Et ceux-cy, qui sont les plus grands et difficiles , sont ou secrets et cachés; et sont deux, sçavoir conjuration contre la personne du prince ou Pestât , et trahison contre les places et compagnies : ou manifestes et ouverts , et ceux-cy sont de plusieurs sortes. Car ou ils sont sans forme de guerre et ordre certain , comme les émotions