LIVRE m, CHAPITRE IV
Testât ^^; et les privés ou qui sont moindres en charge et eu suffisance d'estat, s'arrester et se retirer en quelque lieu paisible et asseuré durant la division ^'9 et tous les deux se comporter comme il va estre dict. Au reste, pour le choix du party, quelques fois il n^y a point de difficulté , car Fun est si injuste et si malheureux que Ton ne s'y peut mettre avec aucune raison. Mais d'autres fois la difficulté est bien grande , et puis il y a plusieurs choses à penser outre la justice et le droict des parties ^^.
3. Veuons à l'autre poinct qui est du comportement de tous. Or il se vuide en un mot par l'advis et la reigle de modération, suivant l'exemple d'Atticus ^^, tant renommé pour sa modestie et prudence en tels orages , tenu tousjours et estimé pour favoriser le bon party, toutesfois sans s'envelopper aux armes et sans offense de l'autre party.
70 Dignitati esse serviendum , reipuhlicœ consulendwn , officiiraiionem in omni vitâ esse ducendam. Cîcér. Orat pro Sextio^n^» 23. — Juste-Lîpse à qui Charron a emprunté^ comme je Faî déjà dit , presque tous les principes émis dans ce chapitre , s^appuie sur les mêmes autorités.
7' Juste-Lîpse. loc. citât.
7' L'ayis de Bajle est qu^on choisisse la faction la moins puissante , lorsqu^on ne saura pas qui a droit ou qui a tort , quant au fond. Voy, Dict. hist. art. Léonin , Rem« B. Dans le même ouvrage (article EppendorfKem, C.) , il prouve admirablement la nécessité de prendre un parti. — N.
73 Voyez Cornélius Nepos, in ejus vitâ.
Parquoy ceux qui sont déclarés d'un parly s'y doîbvent porter non outrés , mais avec modération , ne s'embesongnant point aux affaires , s^ils n'y sont tout portés et pressés, et en ce cas s'y porter avec tel ordre et attrempance que l'orage passe sur leur teste sans offense, n'ayant aucune part à ces grands desordres et insolences qui s'y commettent; mais au rebours les adoucissant, destoumant, esludant comme ils pourront. Ceux qui ne sont déclarés ny engagés à aucun party ( desquels la condition est plus douce et meilleure ) encores que peut estre au dedans et en affection ils en ont un, doibvent demeurer neutres, c'est à dire, ne se soucier de l'issue et de Testât des uns ny des autres, demeurant à eux seuls, et comme spectateurs en théâtre se paissant des misères d'autruy. Tels sont odieux à tous, et courent enfin grande fortune , comme il se lit des Thebains en la guerre de Xerxes et de Jabes Galaad '^, néutralitas nec atnicos parit, nec inimicos tollit ^^. iLa neutralité n'est ny belle ny honneste , si ce n'est avec, consentement des partys, comme César qui déclara de tenir les neutres pour siens, au contraire de Pompçe, qui . les déclara ennemys '^; ou à un estranger, ou à tel,
74 Voyez dans la Bible , le liv. des Ju^es , c. xxi. 7^ « La neutralité ne fait point d^amîs , n'ôte point donnerais ». Titc-Live. L. IX , c. m.
7^ Denunciante Pompciopro hostibus se habiturum qui reip.