LIVRE III, CHAPITRE V
cessîté humaine et populaire. C'est la reigle Lesbienne et de plomb , qui ployé et se lord selon qu'il est besoin, et que le temps, les personnes, les affaires et accidens le requièrent. Cette-cy permet au besoin et approuve plusieurs choses , que celle-là rejetteroit et condamneroit du tout. Elle a plusieurs vices légitimes, et plusieurs actions bonnes illégitimes. Cette-là regarde tout purement la raison , Phoiineste ; cette-cy considère fort l'utile , le joignant tant qu'elle peut avec l'honnesteté. De celle-là qui n'est qu'en idée et en théorique , n'en faut point parler.
La jui^tice usuelle, et qui est en practique par le monde, est premièrement double, sçavoir égale, as^ traincte aux termes des loix, selon laquelle les magistrats et juges ont à procéder : l'autre équitable, laquelle sans s'assubjectir aux mots de la loy, marche plus librement, selon Texigence des cas, yoire quelques fois contre les mots de la loy. Or pour mieux dire, elle mené et reigle la loy selon qu'il faut: . dont a dict un sage , que les loix mesmes et la justice ont besoin d'estre menées et conduictes justement, c'est à dire avec équité, ijuae expositio et emendatio legis est, exponit sensum , emendat defecium, ^. C'est la
^ « L'explication d'une loi en est la meilleure critique : en présenter le sens, c^est en corriger le vice ». Ce passage dont |e ne puis indiquer la source | est peut-être pris de quelque cominentateur du code.