‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 235 sur 245 · II. a · texte numérisé non relu

II. a

m DE LA SAGESSE,

fine fleur de justice qui est en la main de ceux qui jugent en souveraineté. Item pour en parler plus particulièrement , il y a double justice; Tune commutatlve entre ks particuliers, laquelle se manie par proportion arithmétique ; Tautre distributive admin^trée publiquement par proportion géométrique / : eUe a deux parties , la récompense , et la prâie.

Or toute cette justice usueMe et*de practique n^est point vrayement et parfaitement justice, et Pliumaâne nature n^en est pas capable non plus qve de toute autre chose en sa pureté. Toute justice humaine est meslée avec quelque grain d^injustice, £aveur,r^ueur, trop et trop peu, et n^y a point de pure et Trayè médiocrité , d'où sont sortis ces mots des andena : qu^il est force de faire tort en détail , qui veut faire droîct en gros, ^t injustice en petites choses, qui vent faire justice en grandes ^. Les législateurs pour donner

7 On trouva dans Puffendorf la définition et Peiplication dç ce» detix és)»èces de justice. « Lorsqu'on rend k quelqu'un ce qu'on lui doit en vertu d'un engi^eiaeiit mutad , on pratique lit justice comrnutaiiyc,lA pratique des devrât ausqoels on est tenu en vertu des conventions de la société envers ses membres , ou des membres envers la société , e&t ce qu'on appelle justice distt:ibutive ». Voy. les nptes de Barbe jrac sur Puffendorf, Droit de la nat. et des gens , L. I , c. m , §. lo.

^ Plularque qui rapporte cette sentence de Jason , tyran de Thessalie, remarque avec raison, que c'est là mte instruction propre pour quelqu'un qui veut se faire seigneur et usurper

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