‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 40 sur 245 · PREMIERE ET FONDAMENTALE PARTIE DE SAGESSE · texte numérisé non relu

PREMIERE ET FONDAMENTALE PARTIE DE SAGESSE

Sommaire. — L'attribut essentiel de la sagesse , c'est la prudhommie. Quel est le masque dont cette' vertu se couvre. La prudhommte dont font profession ceux qui ont la réputation d'être gens de bien , dans le monde , est artificielle, timide, esclave des lois et coutumes; la vraie prudhommie est libre et franche , mâle et généreuse , riante , uniforme, constante. La nature l'enjoint et la recommande à l'homme , parce que c'est une obligation naturelle d'être homme de bien ; elle l'enseigne : c'est la loi naturelle. Il faut suivre la nature , pour bien vivre , et ne jamais faillir. La nature est une bonne et suffisante mattresse , qui règle tout ; si nous la voulons bien écouter , nous n'avons pas besoin d'aller chercher la sagesse ailleurs. Mais nous Faiterons totalement , par violence , par art , par la cérémonie , tellement qu'on ne la reconnaît plus en l'homme. La vraie prudhommie consiste donc à suivre la nature , c'est-à-dire , la raison. Distinction de la vraie prudhommie , en vertu naturelle et en vertp- acquise ; il y en a encore une troisième composée des deux ; ce qui constitue trois degrés de perfection. Pour achever cette perfection , il faut la grâce de Dieu ; mais l'auteur avoue que c'est pour reboucher la poincte de la médisance et faire cesser les plaintes des bigots , qu'il leur £ût cette concession. — La méchanceté

est contre nature. Il y a trois sortes de méchancetés et de gens vicieux. Du repentir, de la confession des fautes.

Exemples : La loi de Moïse. — La loi des Douze Tables et le Droit romain. — Socrate. — Les Stoïciens , les Épicuriens.— Caton. — Métellus. — Aristides, Phocion, Caton , Régulus , Socrates , Scipion , Épaminondas. — Les Pharisiens. — Saint Augustin , Origène et Hippocrate.

Ayant appresté et disposé notre escolier à' la sagesse par les advîs precedens , c'est-à-dîre , l'ayant purifié et aflranchy de tons maux , et mis en bel estât d'une liberté pleine et universelle , pour avoir veuë , cognoissance et maistrise sur toutes choses (qui est le privilège du sage et spirituel , spirituaUs omnia dijudicat^) , il est maintenant temps de luy donner les leçons et les règles générales de sagesse. Les deux premières seront comme préalables et présupposées comme fondemens, dont la première et principale sera la probité et preud'hommie.

Je n'aurai point peust-estre grand affaire à establir cette proposition , que la preud'hommie soit la première, principale et fondamentale partie de sagesse, car tous (soit en vérité et à bon escient, ou par belle

^ a L'homme spirituel juge de tout ». St.-Paul, épit. aux Corinthiens, chap. ii, y. i5.

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