‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 60 sur 245 · II · texte numérisé non relu

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capacité , son tempérament , en quoy l'on excelle et Ton est foible , à quoy propre et à quoy inepte. Car aller contre son naturel, c'est tenter Dieu, cracher contre le ciel , se tailler de la besongne pour ne la pouvoir faire , nec quidquam sequi quod assequi nequeas ^^ et s'exposer à la risée et mocquerie. Puis*^ celuy des affaires , c'est-à-dire de l'estat , profession et genre de vie qui se proppse , il y en a auquel ** les affaires sont grands et pesans, autres où sont dangereux, autres où les affaires ne sont pas si grands , mais ils sont meslés et pleins d'embarrassemens , et qui trainent après soy plusieurs autres affaires, ces .charges travaillent fort l'esprit. Ghasque profession requiert plus spécialement une certaine faculté de l'ame, l'une l'entendement , l'autre l'imagination , l'autre la mémoire. Or pour cognoistre ces deux naturels, le sien et celuy de la profession et train de vie, ce qui a esté dîct des temperamens divers , des parties et facultés internes y servira beaucoup. Ayant sçeu ces deux naturels, les faut confronter ensemble , pour voir s'ils se pourront bien joindre et durer ensemble, car il faut qu'ils s'accordent , si l'on a à contester avec son naturel , et le

^ M Ne pas teadre vers un but qu'oa ne peut atteindre ». Cicer. de qffic. L. I, c. xxxi.

*7 C'est-à-dire, a il faut de plus bien connaître le genre des affaires , etc.

** Il y a tel état dans lequel , etc.

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