CHAPITRE V
Estudier à la vraye pieté.
Sommaire. — La diversité des religions est vraiment effirayante. On a peine à concevoir comment Fesprit humain a pu se prêter à tant d'impostures. On a fait des dieux de tout ce qui existe ; on a adoré même des animaux * — Toutes les religions enseignent que Dieu s^appaise par des prières , par des sacrifices : on croit Thonorer en se mutilant le corps ; on s'imagine que TÉtre Suprême aime le sang , que le spectacle du tourment de ses créatures lui est très-agréable. CW une aliénation de Tesprit. — Chaque religion se préfère aux autres 3 elle les décrie et les condamne. Comme elles se succèdent toutes , les nouvelles se greffent toujours sur les anciennes , et se prétendent les plus parfaites. Toutes se disent aussi révélées , inspirées par Dieu : sans cela , on ne croirait pas aux mystères que toutes donnent comme des articles de foi. La vérité est qu'elles s'établissent par des moyens purement humains. C'est la nation , le pays , le tems , qui favorisent leurs progrès ou leur décadence. Si elles étaient soutenues par une main divine, rien ne pourrait les ébranler.— fLa plupart des hommes ne regardent guère la religion que comme un frein pour le peuple/X^uelle apparence , par exemple , que les catholiques croient aux dogmes qu'ils professent ! La tête leur tournerait , slls réfléchissaient seulement à tout ce qu'ils ont à craindre après leur mort. »— Il n'y a rien de plus contraire à la vraie piété que la
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snpersùilon. ! Ijt superstitieux ne laisse vi%'re en paix ni ^ Dieu ni les hommesfW stsi fait uo Dîea chagrio , ploux j
toujours coorroacé. Il croît aoz choses les plus absurdes y tratufonne en miracles les éréneineiis les plus naturels. Cependant les hommes ont été de tout tems portés à la superstition ; on le voit par Thistoire^^ S^il est une yraie religion , c^est celle où Ton admire et adore, comme les anciens philosophes , b cause première de toutes choses , Tétre àts êtres ; on Ton reconnaît la perfection de son ouvrage. Il ne (aut point chercher à le définir , à le cornprendre ; cela est impossible. — - « Tout ce que Dieu exige n de l'homme , c'est un cœur vrai , droit et humilié ^ non n le sang des boucs et àes taureaux. L'homme sage est le >» vrai sacrificateur : son esprit est le temple de la divinité , » son ame est son image ; »es aRections sont ses offrandes ; N \M Vouloir lui donner, c'est un orgueil secret; jui demander,
» c'est reconnaître son souverain domaiûfT^*) ». — On peut ne pas mépriser le culte extérieur. Les pratiques qu'ordonne la religion chrétienne , sont bonnes , consolantes. » Le sage s'en acquitte sans hypocrisie , sans luxe et sans » ambition ». Sur l'observance de ces pratiques , il faut s'en tenir à ce que Féglîse enseigne , et ne pas chercher à les concilier avec la raison. — f La probité et la piété devraient toujours marcher ensemble. Mais le premier devoir est d'être honnête homme ; il faudrait l'être , même quand on pourrait supposer qu'il n'y a ni paradis ni enfer.yf II &ut être ver- » tueux , parce que la nature et la rar^n le veulent ainsi, » parce que l'harmonie de cet univers l'exige , parce que i> votre bonheur , votre bien , votre être , le demandent, et » parce que Dieu , que vous aimez , l'ordonne » J
C^j Analyse raisonnée de la Sagesse. Amsterdam , in-ia. 1763. a*. Partie , J). 3o.