‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 78 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE V

prit est son temple ^® , son ame en est son Image , ses affections sont les offrandes , son plus grand et solennel sacrifice , c'est l'imiter, le servir et l'implorer* : c'est an grand à donner, et au petit à demander, beatiùs dare quàtn accipere^\

Ne faut toutesfois raespriser et desdaigner le ser- Tice extérieur et public, auquel il se faut trouver, et assister avec les autres , et observer les cérémonies ordonnées et accoustumées , avec modération , sans vanité , sans ambition , ou hypocrisie , sans luxe ni avarice; et tousjours avec cette pensée, que Dieu veust estre servi d'esprit , et que ce qui se fait au dehors est plus pour nous que pour Dieu , pour l'unité et édification humaine que pour la vérité divine , quœ potiùs ad morem quain ad rem pertinent^^.

Nos vœux et prières à Dieu doyvent estre toutes

^® Ejus est altare cor nostrum. St. Augustin , de civit. Dei , L. X, cap. IV.

* yariante. Au rebours de luy penser douner, tout esta luy ; il luy Oaïut demander et Timplorer : c^est au grand à donner, et au petit à demander : beatiiis dare quàm acciperc (b),

5' « Il est plus doux de donner que de recevoir ». Act» Apost. cap. XX , V. 35.

5* « Et cela , plutôt pour suivre la coutume , que pour nous procurer un avantage particulier ». St. Augustin , de Civit, Bei, L. VI , cap. x. Il a pris ce passage dans Sénèque.

(6) Oa^sentîra facilement combien ce texte de la première édition iivût dû déplaire à ceux, qui vivent des offrandes et des sacrifices qu'on fait à Dieu.

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