II
i/fi DE LA SAGESSE,
réglées et subjectes à sa volonté ; nous ne devons rien désirer ny demander, que suivant ce qu'il a ordonné, ayant tousjours pour nos tre refrain ,yîfl/ voluntas tua ^^. Demander chose contre sa providence , est vouloir corrompre le juge , et gouverneur du monde ; le penser flatter et gaigner par presens et promesses , c'est l'injurier : Dieu ne désire pas nos biens ^^ , aussi n'en avons-nous point à vray dire , tout est à luy , non accipiam de domo tuâ vitulos^^ , etc. meus est enim orbis terrœ etplenitudo ejus *^, mais seulement que nous nous rendions dignes des siens , et ne demande pas que nous luy donnions ; mais que nous lui demandions et prenions. Aussi est-ce à luy à donner comme grand, et à l'homme petit et nécessiteux a demander et à prendre ; luy vouloir prescrire ce qu'il nous faut ou nous voulons , c'est s'exposer à l'inconvénient de Midas, mais ce qui luy plaist et sçait nous estre salutaire * ^ .
53 « Que ta volonté soit faite ». Saint Mathieu , Evang.
ch. VI, v.io.
^^ Lucrèce dit de la Divinité :
Ipsa suis pollens opibus , nil indiga nosiri.
55 « Je n'ai que faire des veaux de vos étables w. Psalm. XLIX, y. g.
56 « Car le monde et tout ce qu'il contient est à moi ». Ibid. ^7 Juveoal a dit dans le même sens :
Permittes ipsis expendere numinibus , quid Cohveniat nobis , rebusgue sii utile nos tris , etc.
Sat. X, V. 347.