‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 88 sur 245 · LIVRE II, CHAPITRE VI. i6i · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VI. i6i

maladies, ils se veulent, mettre hors d^eux, eschapper à rhomme et faire les divins , et font les sots ; ils se veulent transformer en anges , et se transfor-> ment en bestes : aut Deus, aut bestia ^ :

Homo sum , humanî à me nihil allenum pato ^ :

rhomme est une ame et un corps , c'est mal fait de desmembrer ce bastiment, et mettre en. divorce cette fraternelle et naturelle joincture ; au rebours il les faut renouer par mutuels offices, que Tesprit esveille et vivifie le corps pesant, que le corps arreste la légèreté de Pesprit qui souvent est un trouble-feste ; que l'esprit assiste et favorise son corps, comme le mary sa femme, et non le rebuter, le hayr. Il ne doibt point refuser à participer à ses plaisirs naturels , qui sont justes, et s'y complaire conjugalement, y apportant comme le plus sage de la modération^. L'homme doibt estudier, savourer , et ruminer cette vie , pour en ren-

^ « Ou un Dieu , ou une béte sauvage ». Aristote , Politiq. L. I , chap. il.

7 <r Je suis homme; rien de ce qui tient à Thomme ne m^est étranger». Térence ^HeautorUimor, Act. I, Se. i,v. 28.

^ Quant au philosophe , dit Platon, disons hardiment qu'il ne £ût aucun cas de tout le reste , en comparaison du plaisir que procure la connaissance du vrai , et que par son application continuelle à Fétude , il se procure de plus en plus la jouissance de ce plaisir ; qu'à Fégard àes autres plaisirs , il les regarde comme autant de nécessités auxquelles il ne doit se prêter qu'autant que le besoin de la nature l'exige. Plat de la Républ, L. IX.

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