‹ De la sagesse: trois livres (volume 3)Chapitre 89 sur 245 · II. II · texte numérisé non relu

II. II

iG2 DE LA SAGESSE,

dre grâces condîgnes à celuy qui la luy a octroyée. Il n'y a rien indigne de nostre soing en ce présent c(ue Dieu nous a fait ; nous en sommes contables jusqties à un poil ; ce n'est pas une commission fàrcesque*^ à l'horame , de se conduire et sa vie selon sa condition naturelle, Dieu la luy a donnée bien sérieusement et expressément.

Mais quelle folie et plus contre nature , que d'estimer les actions vicieuses, pource qu'elles sont naturelles : indignes pource qu'elles sont nécessaires ? Or c'est un très-beau mariage de Dieu , que la nécessité et le plaisir : nature a très-sagement voulu que les actions qu'elle nous a enjoint pour nostre besoin , fussent aussi voluptueuses ; nous y conviant non-seulement par la raison , mais encores par l'appétit : et ceux-ci veulent corrompre ses reigles. C'est pareille faute et injustice , de prendre à contre cueur, et eondamneintoiites voluptés , comme de les prendre trop à cueur et en abuser : .il ne les faut ny courir ny fuyr , mais les recevoir , et en user discrètement et modérément, comme sera tantost dict en la reigle. La tempérance, qui est la reigle des plaisirs, condamne aussi bien l'insensibilité et privation de tout plaisir, ^/i/^^y/^/n naiuTŒ , qui est l'exti'emité défaillante, comme l'intempérance, libidinem, qui est l'extrémité excedente; Cb/i/ri naturani est torquere corpus suum , faciles odisse munditias

"^9 Comique. — Farccsque , adjectif de (àrce.

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