‹ De la sagesse; trois livresChapitre 2 sur 456 · VI NOTICE SUR CHARRON · texte numérisé non relu

VI NOTICE SUR CHARRON

observés; non, le vrai moraliste, le médecin de l'anie, ne se contente pas de nous montrer notre foiblesse : il cherche à nous fortifier; il ne se contente pas de découvrir nos plaies : il nous indique surtout les remèdes les plus propres à les cicatriser. Tel est Charron , tel est le disciple de Montaigne, dont la lecture, sous le point de vue de la morale pratique, est infiniment plus utile que le scepticisme de son maître. Aussi, nous osons avancer que le Traité de la Sagesse mieux étudié , et conséquemment mieux apprécié, fera dorénavant regarder son auteur comme l'un de nos premiers moralistes, peut-être même comme le seul qui mérite véritablement

ce titre.

Considéré comme écrivain. Charron offre encore une lecture pleine d'intérêt, sous le point de vue des progrès qu'il a fait faire à notre langue. Son style est à la fois simple, ferme et austère, beaucoup plus pur et plus soigné que celui de son modèle , dont, il faut l'avouer, il n'a pas les grâces, qui ne se copient pas. «Charron, dit M. Villemain , imitateur de Montaigne, remplaçant par la méthode et la correction ce qui lui manquoit de verve et d'originalité, donne aux vérités éternelles de la conscience cette simplicité qui est éloquente lorsque les idées sont trop grandes pour être ornées, et cette force d'expression qu'une ame vertueuse trouve toujours en parlant de ses devoirs.»

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