‹ De la sagesse; trois livresChapitre 221 sur 456 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Estudier à la vraye pieté.

Les préparatifs faits , et les deux fondemens jettes , il est temps de bastir et dresser les reigles de sagesse , dont la première et plus noble regarde la religion , et service de Dieu. La pieté tient le premier lieu au rang de nos debvoirs ' , et est chose de très grand poids , en laquelle il est dangereux et très facile de se mescompter et faillir. 11 est besoin d'avoir advis, et sçavoir comment celui qui estudie à la sagesse , s'y doit gouverner : ce que nous allons faire après avoir un peu discouru de Testât et succès des religions au monde , remettant le surplus à ce que j'en ay dict en mes Trois Vérités.

C'est premièrement chose effrayable , de la grande diversité des religions , qui a esté et est au monde , et encores plus de l'estrangeté d'aucunes , si fantasque et exorbitante , que c'est merveille que l'entendement humain aye peu estre si fort abesty et enyvré d'impostures : car il semble qu'il n'y a rien au monde haut et bas , qui n'aye esté déifié en quelque lieu , et qui n'aye trouvé place pour y estre adoré.

"^ Elles conviennent toutes en plusieurs choses , aussi ontelles prins naissance en mesme climat et air-, la Palestine et l'Arabie, qui se touchent (j'entends les plus célèbres et fameuses maistresses des autres) ;, ont leurs principes et fondemens presque pareils , la créance d'un Dieu autheur de toutes choses , de sa providence et amour envers le genre humain , immortalité de l'ame , loyer ^ aux bons , chastiment

" Comme la piété est la mère de toutes les vertus , l'impiété est la mère de tous les vices, disoit Hiéroclés.

* royez la F^arianle XXXII , à la fin du volume. ' Récompense.

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