‹ De la sagesse; trois livresChapitre 245 sur 456 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

Obeyr et observer les loix, coustumes et cérémonies du pays, comment tt en quel sens.

Tout ainsi que la beste sauvage et farouche ne se veust laisser prendre , conduire et manier à l'homme ^ mais ou s'enfuit et se cache de luy , ou s'irrite et s'esleve contre luy, s'il en veut approcher ; tellement qu'il faut user de force meslée avec ruse et artifice , pour l'avoir et en venir à bout : ainsi en fait la folie revesche à la raison et sauvage à la sagesse , contre laquelle elle s'irrite et s'affolit dadvanlage -, dont il la faut avoir et mener comme une beste farouche (ce que l'homme est à la beste , l'homme sage est au fol)^ l'estonner, luy faire peur, et l'arrester tout court ; pour puis à l'ayse l'instruire et le gaigner. Or le moyen propre à ce est une grande authorité , une puissance et gravité esclatante , qui l'esblouyt de sa splendeur et de son esclair, sola auctoritas est quœ cogit slultos ut ad sapientiam festinent ' En une meslée et sédition populaire , s'il survient et se présente quelque grand , ancien sage et vertueux personnage , qui aye gaigné la réputation publique d'honneur et de vertu , lors ce peuple mutin frappé et esMouy de la splendeur et de l'esclair de cette authorité se tient coy, et attend ce qu'il veust dire :

Velati magno in populo cùm ssepè coorla Seditio est, sœvitque animis ignobile vulgus. Jamque faces et saxa volant , furor arma ministral : Tumpielale gravem ac merilis , si forte virum quem Conspexere, silcnt, arreclisque auribus adslant; nie régit dictis anhnos , et pectora mulcel '.

■ C'est par l'autorité seule que l'on force les fous de se diriger vers la sagesse. (S. Augustin.)

> Ainsi , quand , signalant sa turbulente audare.

Se dérhaine une arden(e et vile populace ,

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