LIVRE m , CHAP. I
les personnes que pour les affaires , qui est plustost de degrés que d'espèces : sçavoir prudence propre , par laquelle on est sage , et prend-on advis de soy-mesme : l'autre empruntée , par laquelle l'on suyt le conseil d'autruy. Il y a deux sortes et degrés de sages, disent tous les sages '. « Le premier et souverain est de ceux qui voyent clair par tout, et sçavent d'eux-mesmes trouver les remèdes et expediens ; où sont ceux-là? O chose rare et singulière! L'autre est de ceux qui sçavent prendre , suyvre et se prévaloir des bons advis d'autruy ; car ceux qui ne sçavent donner ny prendre conseil , sont sots. »
Les advis généraux et communs , qui conviennent à toute sorte de prudence , toutes sortes de personnes et d'affaires, ont esté touchés et briefvement déduits au livre précèdent', et sont huit; 1. cognoissance de personnes et d'affaires; 2. estimation des choses ; 3. choix et eslections d'icelles ; 4. prendre conseil sur tout; 5. tempérament entre crainte et asseurance , fiance et deffîance ; 6. prendre toutes choses en leur saison , et se saisir de l'occasion ; 7. se bien comporter avec l'industrie et la fortune ; 8. discrétion par tout. Il faut maintenant traicter les particuliers , premièrement de la prudence publique qui regarde les personnes , puis de celle qui regarde les affaires.