LIVRE IIJ, CHAP. MI
gneusemeiit la mère, et dedans peu de jours il maria en mesme jour sa lille propre unique, et celle qui luy avoit esté léguée, leur despartant par esgales parts tout son bien. Les sages, selon la peincturc susdicte, ont jugé que le premier mourant s'estoit monstre plus amy, plus libéral, faisant ses amys héritiers et leur donnant ce contentement de les employer à son besoing '. 4. De la vie , l'histoire est notoire de ces deux amys ' , dont l'un estant condamné par le tyran à mourir à certain jour et heure , demanda ce delay de reste pour aller pourvoir à ses affaires domestiques en baillant caution ; le tyran luy ayant accordé à cette condition , que s'il ne se representoit au temps , sa caution souffriroit le supplice. Le prisonnier baille son amy, qui entre en prison à cette condition : et le temps estant venu , et l'amy caution se desliberant de mourir, le condamné ne faillit de se représenter. De quoy le tyran plus qu'esbahy, et délivrant tous les deux , les pria de le vouloir recevoir et adopter en leur amitié pour tiers.