LIVRE III, CHAR XIII
abondance , pompe et parade , exquise et riche façon. Le contraire se practique souvent aux bonnes maisons , où y aura licts garnis de soye , pourfilés d'or, il n'y aura qu'une couverture simple en hyver, sans aucune commodité de ce qui est le plus nécessaire. Ainsi de tout le reste.
Reigler sa despense , ce qui se faict en ostant la superflue, sans faillir à la nécessité , debvoir et bienséance : un ducat en la bourse faict plus d'honneur que dix mal despendus % disoit quelqu'un. Puis, mais c'est l'industrie et la suffisance, faire mesme despensc à moindre frais , et surtout ne despendre jamais sur le gain advenir et espéré.
Avoir le soin et l'œil sur tout : La vigilance et présence du maistre , dit le proverbe , engraisse le cheval et la terre. Mais pour le moins le maistre et la maistresse doibvent celer leur ignorance et insuffisance aux affaires de la maison , et encores plus leur nonchalance , faisant mine de s'y entendre et d'y penser^ car si les officiers et valets croyent que l'on ne s'en soucie , ils en feront de beUes.